Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
Photo : Ma barge Charly Cop
Au cours des année 90, mon travail m’amena à passer de nombreux mois au Nigeria où comme je l’ai déjà mentionné ailleurs les conditions de vie n’étais pas toujours très faciles.
En plus dans ce pays et bien que nous étions en mer, nous avions assez régulièrement la visite de divers types d’insectes.
Parmi ceux-ci, il y avait notamment de très jolis insectes volants superbement colorés qui une fois posés, avaient la particularité de rouler leurs petites ailes avec les pattes arrières et d’ensuite les introduire dans une espèce de sac à dos.
Ces charmantes petites bestioles emportées par un vent venant de terre, nous arrivaient toujours par essaim entier et parvenaient sans problèmes à s’introduire n’importe où dans la barge, mais en appréciant plus particulièrement nos cabines.

Evidemment, lors de mon premier séjour, ne voulant pas que ces coléoptères terminent dans mes draps je n’hésitais pas à les écraser avec mon pouce.
Bien mal m’en prit car très rapidement une brûlure assez vive se fit sentir suivie d’une dégénérescence de la peau.
C’est ainsi que je fis connaissance avec ce que mes amis Nigérians appelaient bien gentiment l’ACID FLY plus communément appelé en français la cantharide.

Très rapidement au cours des jours suivant, j’appris qu’une des seules manières d’éviter le contact de leur venin corrosif était de souffler sur l’individu pour le faire tomber plutôt que de le chasser par une pichenette.
Plus facile à dire qu’à faire et malgré ces judicieux conseils il nous arrivait malgré tout sans le vouloir d’écraser la bête sur la peau.
Heureusement, nous avions à l’époque dans notre brillante communauté de plongeurs, notre collègue Jean-Louis communément surnommé la Rika Zarai de l’offshore qui comme son surnom le laisse deviner connaissait bon nombre de remèdes de grand-mère.
Ayant cogité sur la question durant quelques temps, il nous annonça un matin avoir trouvé un remède contre ces douloureuses démangeaisons.
Puisque nous avons à faire à un acide, eh bien neutralisons le par une base.
Elémentaire mon cher Watson et où trouve-t-on une base ?
Dans le savon bien sur.
Croyez moi ou non, mais son truc fonctionnait et la sensation de brûlure était rapidement apaisée.
Donc pour moi, à chaque voyage au Nigeria j’avais pris l’habitude de mettre un petit morceau de savon dans la poche de ma salopette, ce qui me dépanna bien souvent, sauf en ce maudit jour juin 92.
Ce jour là en effet j’arrivais à la fin de mon séjour de 6 semaines sur ma petite plateforme et me réjouissait déjà de débarquer le lendemain.
Dans l’eau, Philippe un des plongeurs ex pat devant également partir en même temps que moi, était occupé à faire une tranchée le long d’un pipeline de manière à pouvoir le découper et remonter le riser.
Pour cela, il utilisait une lance à eau sous pression ce qui permettait de bien désagréger le terrain de part et d’autre du tuyau.
Il était occupé depuis environ 70 minutes, lorsque tout d’un coup, j’entendis un grand AIE à la radio.
Aussitôt, je demandai à Philippe se qui ce passait.
Tout en gémissant de douleur, il m’annonça qu’il s’était coupé le genou avec l’une ou l’autre merde traînant sur le fond.
Aussitôt, je fis stopper la lance à eau et lui demandai s’il avait besoin du plongeur secours pour l’aider à remonter.
Il me dit que non et entama sa remontée tandis que le tender reprenait son narghilé.
Heureusement pour lui, il n’avait aucun palier à faire et pu ainsi remonter immédiatement en surface.
Une fois sur le pont, on pouvait constater que son néoprène comportait une large déchirure au niveau du genoux droit.
Une fois celui-ci enlevé, la blessure semblait être assez profonde mais il n’était pas possible de la voir entièrement car elle était complètement incrustée de la vase dans laquelle le plongeur avait travaillé.
Résultat, passage obligé sous la douche où une chaise fut installée afin que je puisse le nettoyer le plus confortablement possible.
Beurk ! La blessure était vraiment profonde, une entaille d’au moins 5 cm de longueur avait décollé la peau jusqu’à l’os de la rotule.

Malgré la douleur, Philippe fit preuve de beaucoup de courage pendant que je soulevais le lambeau de peau pour chasser la vase à l’aide du jet d’eau.
Pendant mon travail de secouriste, je me rendis immédiatement compte que la blessure était trop importante pour être traitée à bord, et dès lors, demandai au tonton d’appeler la base d’Escravos afin qu’elle nous envoie un hélico au plus vite.
Une fois la plaie nettoyée et bandée notre plongeur accidenté fut transféré sur la piste hélico du jacket et une demi-heure plus tard il était en route pour la base où le médecin le prit en charge.
Dans le planning de travail de la journée, j’avais encore prévu de sortir le vieux riser le jour même mais à cause de l’incident, il me manquait un plongeur.
Pas de problème pensais-je j’irai découper le pipe moi-même.
Comme le temps pressait un peu, je saisis rapidement mon slip de bain qui séchait sur la rambarde et l’enfilai en même temps que ma tenue de plongée en néoprène.
Puis pendant que mes acolytes commencèrent à m’équiper, je sentis tout d’un coup que quelque chose commençait à irriter ma bistouquette.
Immédiatement je compris ce qui se passait.
Vite, vite déséquipez-moi hurlais-je en me tortillant dans tous les sens. Puis une fois en slip, ce que je pus voir confirma mes craintes.
Une acid fly gisait écrasée dans le fond de mon maillot.
Vite ma brique de savon, où est ma brique de savon ? Immédiatement je piquai un sprint vers ma cabine et frottai délicatement le savon sur mon pauvre zizi.
Comme d’habitude, la sensation de brûlure disparu assez rapidement, mais l’acide avait eu le temps de faire son œuvre et déjà une belle tâche rougeâtre fit son apparition.
Mon dieu pensais-je j’espère qu’elle ne va pas tomber !
Comme le mal était fait et il n’y avait de toute façon plus rien à faire pour l’instant, je décidai de me rééquiper et partis terminer le travail de découpage du tube 4 pouces.
Le lendemain matin, petit coup d’œil au dégât.
Pas beau à voir tous ça mais tant pis, quant il faut rentrer il faut rentrer.
Ma relève arriva dans la matinée et après un rapide passage des consignes, je montai dans l’hélico qui me ramena à la base.

Là, je retrouvai le pauvre Philippe qui apparemment avait passé une très mauvaise nuit.
En effet, après son arrivée à terre, il avait été pris en charge par un médecin africain qui d’après ses dires ne l’avait pas ménagé.
Ensuite, dans l’après-midi départ pour Lagos où nous arrivâmes une heure plus tard après un joli vol au-dessus de la brousse.
Une fois arrivé à l’aéroport national, je pris le bras de Philippe par-dessus mon épaule pour l’assister du mieux que je pus car il avait vraiment du mal à se déplacer et en entrant dans le hall lui dis : OK MEC, prêt pour les emmerdes habituels ?

Mais bizarre, nous étions à peine entré dans l’aérogare qu’un officiel nous vit et vint à notre rencontre.
Immédiatement, tout en se montrant navré de ce qui était arrivé à mon collègue, il se proposa d’allé chercher un chaise roulante.
« Thank you Sir » lui dis-je tout en pensant que c’était bien une des rares fois que l’on était aimable avec nous dans ce pays.
Puis à notre grande surprise, la même chose se produisit ailleurs.
A chaque étape des formalités, on nous fit passer avant tout le monde.
Pas la moindre queue à faire, ni le moindre dollars à donner.
Tout le monde était « SORRY » pour le malheureux plongeur que je poussais et semblait navré qu’il se soit blessé sur le sol Nigérian.
Eh ! Philippe, t’as vu comme on passe facilement lui dis-je, la prochaine fois on fera pareil.
Une heure plus tard dans le hall d’embarquement, je pris congé de lui en le laissant au bon soin du personnel d’Air France car moi je partais sur Bruxelles et mon vol était sur le point de partir.
En montant dans la carlingue, oh surprise, qui voilà ? Viviane mon hôtesse préférée.
Je l’avais déjà rencontrée sur d’autres vols, et elle m’avait un peu à la bonne suite à un compliment que je lui avais fait une nuit je ne sais plus en quelle occasion en lui disant qu’elle avait les plus beau yeux de la Sabena.
Du coup, maintenant à chaque fois qu’on se voyait, elle s’arrangeait pour me faire passer en classe affaire après le décollage et à ensuite venir faire un petit brin de causette lorsque la plupart des passagers dormaient.
Dommage que j’étais marié, car j’aurais volontiers succombé à son charme.
07h00 : Arrivée à Bruxelles.
Après avoir pris congé de ma copine, je commençais à nouveau à penser à mon petit problème.
Comment annoncer à ma chère épouse que j’allais devoir être abstinent durant quelques jours ?
Est-ce que je pouvais prétexter une migraine ? Je ne le pensais pas, car cette excuse était exclusivement réservée au sexe faible.
Plus j’approchais de chez moi, plus j’étais mal à l’aise.
Arrivé à la maison, ma petite femme chérie m’attendait sur le pas de la porte.
Bonjour mon petit chéri, tu as fais bon voyage, tu n’es pas trop fatigué etc. etc.
Puis un peu plus tard vint le moment fatidique où tout couple normalement constitué passait à une conversation plus intime, et il fallait bien que je lui annonce le mal qui me rongeait.
Euh ! Chérie, j’ai un petit problème.
Ah bon lequel ?
Ca ! lui dis-je en lui montrant mon pauvre sexe blessé.
Aussitôt elle me lança : C’est quoi ça, où est-ce que tu as traîné ?
Mais nulle part chérie, je t’assure. C’est une acid fly qui ma piqué.
ACID FLY ! ACID FLY ! mon œil me dit-elle et c’était partit pour la dispute.
J’avais beau tenté de la convaincre de ma bonne foi, rien n’y fit et la journée fut gaspillée.
Ce ne fut finalement que le soir que les choses s’apaisèrent après ma visite chez le médecin.
Lui ayant expliqué mes déboires, celui-ci consentit à me faire un petit mot (d’excuse) expliquant à ma compagne la nature et la cause de mon mal.
Ouf, la scène de ménage était terminée.
Quelques jours plus tard, tout était rentré dans l’ordre et l’Amour régna à nouveau sur notre couple.
Conclusion : Pour éviter les scènes de ménage, méfiez-vous des bêtes qui piquent.
Papy One