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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 20:19
Photo : Escravos vue du ciel

Lorsque j’étais un jeune chef d’équipe je m’efforçais d’organiser assez régulièrement des  exercices de sécurité afin de pouvoir tester mes réactions mais également celles de mon équipe en cas de situation critique.

La plupart de ces exercices consistaient à récupérer le plongeur en soit disant difficulté.

Généralement, je choisissais la fin d’une plongée sans palier pour réaliser le test et pour cela je demandais au plongeur de se coincer quelque part dans la structure et  d’ensuite appeler pour de l’aide.

L’exercice consistait alors à envoyer le plongeur secours pour libérer le plongeur et le ramener à la surface où il devait être pris en charge et être rapidement amené au caisson pour une recompression thérapeutique fictive.

Ces drills étaient toujours plein d’enseignements et étaient parfois si réalistes que l’on avait du mal à sortir du jeu.

La plupart du temps j’informais chacun sur la barge qu’un tel exercice allait avoir lieu au cours du poste, mais un jour j’oubliai d’avertir une autre barge qui se trouvait non loin de nous et sur laquelle il y avait des plongeurs anglais.

Lorsqu’ils virent notre supposé plongeur accidenté pendre dans la grue, les gars de l’autre barge

(photo internet)

dépêchèrent immédiatement leur zodiac avec une équipe de plongeurs pour nous prêter assistance.

Ils furent un peu étonnés mais également rassurés lorsque je leur dis que ce n’était qu’un test de récupération.

Une autre fois, lors d’un séjour au Nigeria, je voulais tester mon équipe, mais, également le personnel de la base d’Escravos.

Nous étions alors le 10 décembre 91 et cette fois, je demandai à un de mes plongeurs Nigérians de simuler un accident de type II plus ou moins 3 heures après sa plongée et cette fois personne à part lui et moi n’était au courant de ce qui allait se passer.

Toutes les plongées de la journée avaient été réalisées et nous attendions que le soudeur termine son boulot.

En attendant, j’étais occupé à remplir mon rapport journalier lorsque soudainement un plongeur entra dans ma cabine et m’informa qu’il y avait un gros problème avec (appelons le) Godwin car il s’était écroulé sur le pont.

Je me rendis aussitôt sur le pont et vis que “la victime” qui gisait là devant moi présentait une paraplégie accompagnée de problème d’élocution.

Immédiatement, je fis rassembler l’équipe des plongeurs sur le pont pour donner un coup de main pour le transfert vers le caisson.

Notre plongeur était si bon comédien que personne ne doutait de la véracité de l’accident.

Une fois installé dans le caisson, celui-ci fut mit en pression et je demandai alors à Bruno l’accompagnateur de démarrer le traitement médical qui devait débuter par une injection intramusculaire dans le quadrant extérieur de la fesse.

Jusqu’à présent, notre victime était plutôt mal en point, mais à la vue de l’immense aiguille un miracle se produisit et notre Godwin fut immédiatement sur pied à la grande surprise du restant de l’équipe.

A ce stade de l’exercice, je mis les plongeurs au parfum mais leur demandai de continuer à jouer le jeu afin de pouvoir tester le restant de l’organisation.

Je laissai le caisson sous la supervision de Mathias le second ex pat et allai à la salle radio pour prévenir Charlie One qui était notre responsable à la base d’Escravos.

Lorsque je l’eu à la radio, je lui expliquai que nous avions un sérieux problème à bord qui nécessitait un traitement thérapeutique de type II pour lequel je souhaitais la présence du médecin de la base comme c’était d’ailleurs prévu dans la procédure d’urgence.

Tout en lui demandant d’organiser le transfert du toubib le plus rapidement possible, je lui demandai aussi de m’appeler avant le départ de l’hélico.

Puis je coupai court à la conversation en prétextant que je devais retourner au caisson.

A bord, tous le monde s’inquiétait de l’état de santé de leur compatriote et donc je leur répondis qu’il était en de bonnes mains.

Peu de temps après, Charlie One me rappela et m’informa que le médecin refusait de se rendre à bord pour rentrer dans le caisson, mais qu’il avait trouvé quelqu’un d’autre et qu’il était prêt à me l’envoyer.

A ce stade, je lui dit qu’il pouvait tout arrêter parce qu’en fait tout ceci n’était qu’un exercice.

Il y eut un grand silence à la radio, puis il me demandât si je plaisantais.

Lorsque je lui dis que non, il y eut une sorte de grognement et la radio se tut.

Plus tard, j’appris que mon exercice avait fait pas mal de remue-ménage à la base et que suite à son refus le toubib avait été viré.

Quelques jours après, la barge rentra à terre pour quelques heures  et le chef de base en profita pour me convoquer.

Pas très rassuré, je me rendis à son bureau en pensant avoir droit à un savon de première, mais bien au contraire il me dit qu’il avait apprécier le fait que je fus si concerné par la sécurité, mais il me demanda malgré tout à l’avenir de l’informer à l’avance de mes idées farfelues, ce que je fis.

Une chose est certaine, c’est que ces exercices de sécurité étaient à chaque fois une source de renseignements qui permettait de corriger pas mal d’erreurs.

 

Conclusion :

 

On s’aperçoit que la sécurité en  plongée offshore est bien plus rigoureuse que celle que l’on applique sur les chantiers TP.

En offshore, on est conscient du risque et on fait tout pour essayer de le limiter au maximum en drillant le personnel à réagir correctement.

En TP au contraire on pense que le risque n’existe pas et en général on se fout pas mal de la sécurité.

Dommage que les inspecteurs habilités à contrôler les chantiers ne fassent pas effectuer ce genre d’exercice à l’improviste, on pourrait rigoler un peu et au moins quelques rapports négatifs pourraient à (très long) terme changer les choses.

  

Papy One

 

Est-ce que par hasard Papy One serait aigri ?

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:25

Papy-One--221-.jpgIn the early 1990s my company had won a two years contract in Nigeria and the OPERATION SERVICE from Marseille had decided to send me there.

Personally I was not too pleased to return to this country because I had kept a fairly bad memory following a first trip carried out there 9 years earlier.

But now, the price of crude oil was low and work for offshore divers began to diminish so I accepted the mission.

On the other hand, this kind of long contract had the benefit to make you work on a regular schedule and so it was possible to plan a bit the family life.

The work that was given to me consisted to replace a lot of rusted risers on the platforms situated on the Escravos fields.

My rotation cycle work was 2 months on / 2 months off and to do help me I could rely on a team composed by a dozen local deck men plus 6 divers (2 ex pat and 4 local).

Papy-One--224-.jpg

Our surface support was the Charlie Cob, a small motorized self-elevating platform that could move from one field to another without necessitating the services of a tugboat.  

Unfortunately, this type of barge was not very big and therefore the space on board was relatively restricted. With the exception of the Captain, the client and me the rest of the crew was confined in 3 pretty cramped cabins.

Food also was not always very fresh, the meat was often thawed in the Sun on the deck and often cooks were unaware that the food could not be thawed and refrozen like that.

Of course, this had the advantage that we never suffered from constipation.

The menus were not very varied, but we knew in advance that each dish would be accompanied by a lot of delicious small little beast called "cockroaches".

Indeed, the barge was full of these charming insects and even regular decontaminations could not make them disappear.

At the beginning, this type of accompaniment was not very tempting, but very quickly I got used to it (grilled cockroach is not bad at all and I advise everyone to try).

But let's get back to work.

The methodology that we adopted for the change of the risers was well run and it generally took place in the following manner:

 ü  Positioning of the barge in parallel with the pipeline on which we needed to work.

ü  Dredging and clearing of the pipeline over a length of 40 meters.

ü  Cold cutting of the riser behind the elbow.

ü  Slinging of the riser.

ü  Opening of the maintaining clamps.

ü  Lifting and removal of the riser.

ü  Metrology pipe / jacket.

ü  Installation of lifting bags on the pipe section that had to be relieved.

ü  Slinging of the pipeline.

ü  Lifting of the pipeline with the two cranes.

ü  Fixing of the pipeline on the work table of the barge.

ü  Preparation of a new riser.

ü  Clamping of the new riser to the pipeline.

ü  Welding of the joint.

ü  Descent of the entire line.

ü  Presentation of the riser into its clamps.

ü  Closure of the clamps.

ü  Removal of parachutes.

ü  Removal of the lifting slings.

 In short almost a routine work, except that it was sometimes necessary to keep an eye on some divers to make sure that they were not cutting the wrong pipeline.

We were now on Monday, September 7, 1992 and in this lovely afternoon everyone was attending to his occupations.

Divers repaired for the umpteenth time the zodiac that kept getting punched by the barnacles of the jackets.

Deckhands were presenting a new riser in its alignment clamp, the welder stood ready to intervene and I as usual watched the progression of the work.

Everything went well, until the crane operator made a false manoeuvre with the hanging riser and what had to happen, happened: splash! A MAN AT SEA.

 Fortunately even here in the wild Africa, people were accustomed to wear a life jacket and immediately thanks to that the head of the guy reappeared immediately at the surface.

The great problem was that we were working in the mouth of Delta River and here the current was extremely strong and it prevented the workman to swim back to the ladder.

Despite his desperate efforts it did take only a few seconds to drift him away from the barge and so very quickly I realized that he had no chance to return.

Immediately I jumped on the only circular buoy of the barge and threw it to him with all my strength.

By chance, it landed next to him and he could grip it immediately.

Unfortunately has usual the rope of the buoy had once more be stolen by some fisherman during a previous night and therefore it was not possible to pull him back.

Very quickly, I realized that we were in the shit because:

1.     It was impossible to put the zodiac in the water as both cranes were in operation.

2.     The zodiac was out of service for the moment.

3.     There was no other barge or supply boat in the vicinity that could rescue him.

4.     The more the guy was drifting away, the more he began to panic and scream for HELP.

 The only thing I had to do if later I didn’t want to get lynched was to go for him.

Rapidly, I put on my diving booties, my fins and jumped in the water.

Our guy was now at some 100 m from the barge but thanks to my crawl I was quickly on him.

He was desperately hanging on his buoy and was so frighten to death that it took me some minutes to calm him down by convincing him the help wouldn’t last long to come.

That help had been called, I was sure my colleagues and the Captain had done so, but what worried me more was the fact that although there were a lot of choppers turning on the field, none of them was equipped with a lifting winch and therefore the only way off rescue that we could hope was by sea.

We were a Monday and I knew that unfortunately on this day, the speedboat was making crew change on another site and it would probably take him quite some time to reach us.

It was now 15:30 which gave us 3 small hours left, after that it would be dark night and it would be very difficult to locate us.

A few miles downstream I could see a small jacket but it was not quite in the direction we were drifting.

To go to it I should have swim vigorously to that direction, but I didn’t want to do it for one simple but good reason: SHARKS.

Although they were not very numerous in the region we nevertheless had observed a few of them some days ago and thus as I didn’t want to inform them that fresh meat was hanging in the water I decided that we had to stay very still on our frail skiff.

About twenty minute after our fall, a first helicopter flew over us for a few minutes, and then went back on its road towards the base.

As time passed we could see that our barge was becoming smaller and smaller and finally disappeared completely below the horizon.

Fortunately, my black mate and I remained confident because a lot of choppers change their course to fly other us to give our position.

Let’s hope that the sharks forget us and all will be alright.

Then all of a sudden around 17h30 the silhouette of a small boat appeared on the horizon and from then on we knew that we were saved.

A quarter of an hour later, the boat was on us. It stopped his engines to come along us and after having thrown a rope to us we were hoisted on board under the ovations of the crew.

The Captain offered us some tea and gave us a blanket to warm up a bit because even being in warm waters we were already getting cold.

After having informed every authority that we were save, the boat set course to our barge and at 18 hour we were back aboard our Charlie Cob were everyone was delighted to see us back and in good health.

After a nice warm shower, a delicious cockroach’s meal and a good sleep we were ready the next day to resume work were we left it the day before.

 Conclusion:

 Work safe and beware of rope thieves

 Papy One

 

 

 

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 20:45
Photo : Ma petite plateforme de travail

Au début des années 90 ma compagnie avait gagné un contrat de deux ans au Nigeria et mon boss de l’époque c'est-à-dire celui que tous le monde surnommait le shérif, avait par l’intermédiaire du SERVICE OPERATION décidé de m’envoyer là-bas.

Moi personnellement je n’étais pas trop enchanté de retourner dans ce pays car j’en avais gardé un assez mauvais souvenir suite à un premier chantier réalisé 9 ans plus tôt.

Mais à cette époque, le prix du baril de brut était assez bas et le travail en offshore pour les plongeurs commençait à pas mal diminuer, donc, comme il fallait bien bouffer j’acceptai la mission.

D’un autre coté, ce genre de contrat longue durée était une aubaine car à l’inverse des chantiers au coup par coup, il permettait d’avoir des rotations régulières qui permettaient de planifier sa vie de famille.

Le chantier qui m’avait été confié consistait en majorité à remplacer un bon nombre de risers complètement pourri sur les champs pétrolifères situés au large de la base d’Escravos.

Ma rotation de travail était de 2 mois / 2 mois (travail / récup.), et pour réaliser ce travail mon remplaçant et moi-même disposions d’une équipe composée d’une quinzaine d’hommes de pont locaux et de 6 plongeurs (2 ex pat et 4 locaux).


Notre support de surface était une petite plateforme auto-élévatrice motorisée qui pouvait se déplacer d’un champ à l’autre sans avoir recours aux services d’un remorqueur.

Malheureusement, ce type de barge n’était pas fort grand et dès lors l’espace consacré aux commodités était des plus restreints.

A l’exception du Captain, du client et de moi-même le reste de l’équipage était confiné dans 3 cabines assez exiguës.

La bouffe non plus n’était pas toujours des plus fraîches, la barbaque était souvent décongelé en plein soleil sur le pont et bien souvent les cuistots ignoraient que les aliments ne pouvaient pas être décongelé et recongelé à tire-larigot.

Evidemment, ceci avait l’avantage de ne jamais nous constiper.

Les menus n’étaient pas très variés, mais nous savions que chaque plat avait comme accompagnement de délicieuses petites bébêtes appelées « cafards ».

En effet, la barge pullulait de ces charmantes bestioles que même des décontaminations régulières ne pouvaient pas faire disparaître.

Au début bien sur, ce type d’accompagnement n’était pas très ragoûtant, mais très rapidement on s’y habituait (le cafard grillé n’est pas mauvais du tout et je conseille à tout le monde d’essayer).

 

Mais revenons en au travail.

La méthodologie que nous avions adopté pour le changement des risers était bien rodée et elle se déroulait généralement de la manière suivante :

 

-         Positionnement de la barge en parallèle avec le pipeline sur lequel il fallait travailler.

-         Dévasage et dégagement du pipeline sur une quarantaine de mètres.

-         Découpage du riser en arrière de la jambe de force.

-         Elinguage du riser.

-         Ouverture des clamps de maintien.

-         Relevage et dépose du riser sur la barge.

-         Métrologie pipe / jacket.

-         Mise en place des parachutes de relevage sur la section de pipeline devant remonter.

-         Elinguage pipeline.

-         Remontée du pipeline.

-         Bridage du pipeline sur la table de travail de la barge.

-         Confection d’un nouveau riser.

-         Clampage du nouveau riser au pipeline.

-         Soudage du joint.

-         Descente de l’ensemble de la ligne.

-         Présentation du riser dans ses clamps de maintien.

-         Fermeture des clamps de maintien.

-         Enlèvement des parachutes.

-         Enlèvement de l’élinguage.


Bref presque de la  routine, sauf qu’il fallait faire particulièrement gaffe lorsque certains plongeurs moins doués que d’autres se mettaient à l’eau et se trompaient parfois de pipeline.

Nous étions maintenant le lundi 7 septembre 92 et en cette belle après-midi chacun vaquait à ces occupations.

Les plongeurs réparaient pour la énième fois le zodiac qui n’arrêtait pas de se faire trouer la peau contre les dents de chien fixées sur les piles des jackets.

Les hommes de pont étaient en train de présenter le nouveau riser dans son clamp d’alignement, le soudeur se tenait prêt à intervenir et moi je surveillais la manœuvre.

Tout se présentait bien jusqu’au moment ou le grutier fit une fausse manœuvre avec son riser en pendant.

Le tube fit un écart et heurta un des ouvriers qui se trouvait sur la table de travail et évidement ce qui devait arriver, arriva : PLOUF !! UN HOMME A LA MER.

Heureusement, même au fin fond de l’Afrique et en pleine chaleur, le personnel travaillant sur l’eau avait l’habitude de porter un gilet de sauvetage (ce qui est loin d’être le cas chez les blancs civilisés de nos contrées) et notre gars réapparu très rapidement à la surface.

Le gros problème, c’est que notre zone de travail se trouvait dans l’embouchure de la Delta River ce qui avait comme conséquence de créer un courant relativement important qui empêchât notre malheureux baigneur de rejoindre l’échelle de la barge.

Malgré ses efforts désespérés, il ne fallu que quelques secondes pour qu’il se retrouve déjà à 10 mètres de la barge et donc très rapidement je compris qu’il n’avait aucune chance de pouvoir revenir.

Je me jetai alors sur la seule bouée circulaire du bord et la lui lançai de toutes mes forces.

Par chance, celui-ci atterri juste à coté du naufragé et il put immédiatement s’y agripper.

Malheureusement, comme à l’accoutumée la bouée n’était plus équipée de sa corde de rappel. Elle avait probablement été chouravée une fois de plus au cours de la nuit par les pêcheurs du coin.

Donc très rapidement, je compris que nous étions dans le caca car :

1° il était impossible de mettre le zodiac à l’eau car les deux grues étaient en manœuvre

2° le zodiac étaient HS pour le moment

3° il n’y avait aucune autre barge ou supply boat dans les parages susceptible de lui porter secours.

4° plus il se voyait dériver à grande vitesse, plus notre gars commença à paniquer et à crier des HELP ! sans arrêt.

La seule chose qu’il me restait donc à faire si je ne voulais pas me faire lyncher plus tard était d’y aller.

Rapidement, j’enfilai mes bottillons de plongée, mes palmes et hop me voila à l’eau.

Notre gars, était maintenant à une petite centaine de mètres, mais grâce à mon crawl cadencé, je fus rapidement sur lui.

Désespérément accroché à sa bouée et mort de frayeur il me fallu quelques minutes pour le calmer en lui expliquant que les secours avaient été alerté et qu’ils ne tarderaient pas à arriver.

Que les secours fussent alerté, ça j’en était certain, mes collègues et le tonton avait dû le faire.

Ce qui me tourmentait un peu plus, c’est que bien qu’ils fussent nombreux à voler sur le champ, les hélicos n’étaient pas équipé de treuil de relevage et donc le seul moyen de sauvetage que nous pouvions espérer était par la mer.

Or, nous étions un lundi et malheureusement je savais que ce jour là, la vedette rapide faisait des relèves de personnel sur un autre site et cela lui prendrait sans doute pas mal de temps pour arriver sur nous.

Il était maintenant 15h30 ce qui nous laissait encore 3 petites heures, après il ferait nuit noire et il serait alors très difficile de nous repérer.

A quelques miles en aval, je pouvais distinguer un petit jacket mais il ne me semblait pas vraiment dans l’axe de notre trajectoire.

Pour corriger notre course, il m’aurait fallu palmer vigoureusement mais cela je ne voulais pas le faire pour une simple et bonne raison : Les requins.

Bien que ceux-ci ne soient pas très nombreux dans le coin, nous avions néanmoins pu en observer quelques uns au fil des mois  et comme je ne tenais pas à les informer que de la viande fraîche trempait dans l’eau nous nous tenions vraiment tranquilles, accrochés à notre frêle esquif.

Une bonne vingtaine de minute après notre chute, un premier hélico nous survola pendant quelques minutes puis repris sa route vers la base.

Au fur et à mesure que le temps passait, nous pouvions voir que notre barge devenait de plus en plus petite pour finalement disparaître complètement sous l’horizon.

Heureusement mon compagnon d’infortune et moi-même restions confiants car les navettes d’hélicos se déroutaient fréquemment pour signaler notre position.

Pourvu que les requins nous oublient et tout irait bien.

Puis, tout d’un coup vers 17h30 une silhouette de bateau apparu à l’horizon et nous sûmes que nous étions sauvés.

Il était temps d’ailleurs car bien que nous fussions en Afrique, je commençais déjà à avoir un peu froid.

Un quart d’heure plus tard, la vedette était sur nous et après avoir stoppé ses moteurs, nous étions hissés à bord sous les ovations de l’équipage.

Le tonton du bateau nous offrit un thé chaud et une couverture et après s’être informé de notre état de santé, remit le cap sur notre barge de travail.

A 18 h précise, nous abordions notre bonne vieille Charlie Cob et là aussi, nous fûmes chaleureusement reçus.

Une bonne douche chaude et un bon repas aux bébêtes nous avait entièrement remis d’aplomb et après une bonne nuit de repos, nous étions à nouveau fin prêts à reprendre le boulot.

 

Conclusion.

Méfiez-vous des voleurs de corde.

 

 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 20:10

Photo : L'Aréthuse

1989 avait très bien démarré pour moi car en ce début d’année, j’avais été nommé chef d’équipe et grâce à ce titre je pouvais enfin faire preuve d’autorité auprès de ma chère et tendre épouse.

Puis en mai, le destin me jeta un vilain sort qui démarra le jour de mon départ pour Lagos au Nigeria.

En effet, ce jour là après m’être assoupi durant le vol, je constatai qu’au réveil j’avais attrapé un gros œdème dans le cou.

Immédiatement je mis ce gonflement sur le compte de la position inconfortable que j’avais dû adopter  pour faire ma sieste.

Le lendemain, le gonflement était toujours présent, mais je ne m’inquiétais pas outre mesure car cela partirait sans doute comme c’était venu.

Malheureusement, il n’en était rien, bien au contraire car au cours des jours suivants je commençais à avoir des oedèmes un peu partout sur le corps.

 Ces gonflements apparaissaient principalement aux endroits subissant une pression, comme par exemple les épaules si je portais une bouteille de plongée, les mains si je travaillais avec un outil, ou la plante de pieds lorsque je restais trop longtemps débout.

Bref au bout de 3 semaines de calvaire, le toubib de la base décida de me renvoyer à la maison avec le diagnostic suivant : ALLERGIE AU TRAVAIL.

Rien que ça, moi qui était une bête de travail je me trouvais maintenant en incapacité de travail pour plusieurs semaines.

La batterie d’examens médicaux qui s’ensuivirent ne parvenait pas à déterminer la cause du mal et mon médecin me mis sous Zirtec en déclarant que j’avais probablement une maladie psychosomatique.

Au bout de trois mois, le traitement médical commençait à faire de l’effet et les gonflements n’apparaissaient plus que sporadiquement.

Heureusement, j’avais mis ces vacances forcées à profit pour terminer de taper (à 2 doigts) un gros manuel de travaux de démolition à l’explosif qui en dehors de la plongée, était aussi une de mes passions.

Finalement, en décembre le médecin de la compagnie me déclara à nouveau apte au travail et quelques jours plus tard, me revoilà parti avec 18 collègues pour l’Angola où nous devions procéder en urgence à la réparation à 67 mètres de profondeur, d’une fuite sur un pipeline.


Les plongées en bulle se déroulèrent selon la procédure prévue, malheureusement pour moi, en ce vendredi 29 décembre je fus appelé à la radio où sans trop de ménagement on m’annonçât le décès de mon Papa.

Le problème c’était que nous étions en Angola et loin de tout ce qui rendait difficile la cessation des travaux pour me ramener à terre.

Les funérailles étant prévues pour le lendemain je n’avais de toute façon aucune chance d’arriver à temps et donc courageusement décidai de rester à bord jusqu’à la fin du chantier.

Pour le réveillon de la St Sylvestre, l’Aréthuse notre bateau, avait reçu l’autorisation de se mettre à quai à la base de Soyo et le client avait même mis un petit bus à notre disposition pour nous emmener au mess de la base où un buffet froid avait été préparé pour le personnel.

Après m’être sustenté, je n’avais bien entendu pas trop le moral pour m’amuser avec les autres gars de mon équipe et dès lors décidai de rentrer à pieds au bateau.

Celui-ci se trouvait à environ 3 kilomètres du mess, mais cela ne me dérangeait pas car j’étais un bon marcheur et je n’avais qu’à suivre cette route mal éclairée, pour arriver à bon port.

Je marchais, maintenant depuis environ 20 minutes lorsque je ressentis une présence inquiétante derrière moi.

Aussitôt je me retournai et vis une bande de 5 chiens errants arriver sur moi.



Que faire, me mettre à courir c’était à coup sûr leur montrer que j’avais peur.

Je m’arrêtai donc de marcher, m’emparai d’un bâton traînant sur le coté de la route et leur fis face.

Les chiens étaient maintenant tout autour de moi et n’arrêtaient pas de grogner en montrant leurs dents pointues.

Moi je me sentais vraiment mal, car j’étais seul sur ce semblant de route sur laquelle j’aurais encore du marcher pendant plus d’un kilomètre avant de pouvoir trouver d’éventuels  membres d’équipage qui auraient pu m’aider.

Puis tout d’un coup, sortant de nulle part, un sixième chien arriva en courant.

C’est pas vrai pensais-je, encore un.

Mais, plutôt que de se mettre à aboyer contre moi comme les autres molosses, il se mit à être agressif envers ses congénères et très rapidement se plaça entre eux et moi.

Il n’était pas plus costaud que les autres chiens mais le fait de gonfler son échine fit quelque peu reculer les autres cabots.

Je ne sais pour quelle raison, mais mon nouveau copain était là pour me donner un coup de main et me protéger.

Lentement je me remis en route. La meute était toujours aussi agressive envers moi, mais elle était tenue à distance par mon chien de garde.

Je marchai certainement ainsi pendant encore 500 mètres, puis tout d’un coup les 5 chiens décampèrent sans autres raisons apparentes.

Mon protecteur lui m’escortât docilement jusqu’au bateau puis sans même attendre une caresse de ma part, s’éclipsa comme il était venu.

Sans lui, je ne suis pas certain que j’aurais pu écrire cette histoire et je lui serai éternellement reconnaissant de m’avoir sans doute sauvé la vie.

 

Conclusion : Peut être avons-nous un ange gardien.

 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 20:59

Photo : Mon collègue Martin
 Durant ma période offshore, j’avais pris l’habitude pendant mes récupérations de travailler pendant quelques jours en Belgique pour mon ancien collègue Rik qui s’était mis à son compte et avait maintenant sa propre boite de plonge.

Cela me permettait de « garder la main » et ne pas perdre mon expérience en plongée TP qui contrairement à la plongée offshore se fait 9 fois sur 10 dans le noir complet.

Un jour de novembre 88, Rik m’appela pour aller remplacer un bloc de frein de porte dans l’écluse Van Damme à Zeebrugge.

Pour bien comprendre la nature du travail qui m’attendait, il faut savoir que ce type de porte coulissante s’ouvre et se ferme en se déplaçant sur des rails posés dans le fond de l’écluse.

Ensuite, une fois en place, 2 énormes pinces disposées aux extrémités de la porte viennent se clamper sur une poutre en béton par l’intermédiaire de vérins hydrauliques et évite ainsi que la porte s’ouvre accidentellement.

Comme toute pièce mobile, les blocs de freinage des pinces s’usaient et il fallait les remplacer à intervalle régulier.



Ce remplacement se faisait entièrement sous eau selon une méthodologie bien précise.

Bref, un boulot très technique où la difficulté majeure était l’accès à l’emplacement de travail.
En effet, il fallait passer sous la porte de l’écluse, puis une fois à l’intérieur de celui-ci il fallait installer divers palans de levage et de traction de manière à pouvoir amener le dispositif de freinage au droit de sa position.
Une fois sur place, le patin devait encore être levé d’un mètre puis être positionné au millimètre près devant le support de la pince de manière à pouvoir y introduire une série de vis de fixation.

Cette dernière phase de travail était de loin la plus difficile car à cet endroit, l’espace entre la poutre et le bloc de freinage ne dépassait pas 45 cm.

Au cours de ma plongée, j’étais maintenant arrivé à cette dernière manipulation et avais déjà installé deux ou trois boulons.

Tranquillement en prenant bien soin de ne pas m’accrocher, je reculai lentement pour m’extirper de la zone et aller chercher un nouveau boulon dans le panier à outils.

J’étais à peine sorti de dessous la porte lorsque j’entendis un léger sifflement se terminant par un « clac ».

Tiens bizarre ce bruit me dis-je mais sans y attacher plus d’importance.

Puis je saisi mon nouveau boulon et me glissai à nouveau sous la porte pour accéder au patin.

En arrivant dessus, mon sang se glaça et je fus pris d’un tremblement soudain.

Il y avait de quoi. Le petit espace dans lequel j’avais travaillé une minute plus tôt, était maintenant entièrement clos.

Immédiatement et tout en m’extirpant de la porte, je me mis à gueuler au téléphone en traitant la surface de tous les noms d’oiseaux imaginables, puis sans demander mon reste, je saisi la main courante et remontai en surface.

Là, fou de rage et sans même attendre l’aide de mon assistant, je me déséquipai et jetai ma cagoule par terre.

En surface, ils n’avaient toujours pas bien compris ce qui s’était passé tellement je m’énervais.

Puis finalement après m’être un peu calmé, je pus leur raconter l’impossible.

En effet, bien qu’étant consigné, les vérins hydrauliques actionnant les pinces étaux s’étaient mis en marche avec pour résultat le serrage contre la poutre du patin sur lequel je travaillais.

Ayant finalement compris la situation, Rik fonça au poste de contrôle de l’éclusier afin de savoir qui et pourquoi on avait enlevé la consignation.

Bien entendu, l’histoire fit un foin terrible et cinq minutes plus tard, tous les responsables de l’écluse se trouvaient près de moi, pour encore une fois entendre ma version.

Du côté du service technique, chacun jura ses grands dieux qu’il n’avait touché à rien et selon eux, la seule explication qu’ils pouvaient fournir était qu’il restait sans doute une pression résiduelle dans le circuit pour fermer les vérins.

Moi cette explication ne me satisfaisait pas car je n’y croyais pas.

Je me trouvais maintenant dans une situation très stressante car j’avais vraiment été choqué par l’incident au point que je voulais tout larguer et quitter le chantier.

Mais d’un autre coté, je savais qu’en agissant ainsi j’aurais peut être eut des difficultés à me remettre à l’eau dans quelques jours.

Je pris donc mon courage à deux mains et me fis rééquiper pour aller terminer le travail que j’avais commencé.

En arrivant sur le patin, je m’efforçai de ne pas penser au tas de bouillie sanguinolente que j’aurais pu devenir si j’étais resté quelques secondes de plus à cette place.

Une demi-heure plus tard je remontai mission terminée.

Ma plongée, m’avait calmé, mais au cours des semaines qui suivirent, un même cauchemar hantât mes nuits.

Puis finalement il fut remplacé par d’autres rêves provenant de situation plus agréable.

 

Conclusions :

Une consignation verbale ou un simple panneau indiquant « plongeur à l’eau » ne suffit pas.

Une consignation adéquate c’est : Enlever les fusibles, mettre un cadenas ou tout autre dispositif permettant de s’assurer à 100 % que la pièce concerné ne pourra pas être remise en service inopinément.


Papy One

 

 

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