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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 19:05

Photo : Mon ancien collègue Jean Marie

Petit retour sur le chantier du Rupel.

Comme je l’avais déjà écrit dans un article précédent, ce chantier était à l’époque pour nous les plongeurs scaphandriers un des plus important de Belgique et nous étions plusieurs équipes à y travailler à divers endroits en même temps.

Un jour, je ne sais plus très bien pour quelle raison on me demanda d’arrêter ma plongée en cours, pour aller faire une intervention à un autre endroit du site.

Rapidement, nous rangeons mon équipier et moi le matériel de plongée dans ma camionnette et nous nous rendons à l’endroit indiqué.

Sur place, une autre équipe composée de Jean – Marie et Georges est déjà au travail.

Pendant que mon tender re-prépare le matériel, je me rends chez mon collègue pour l’informer que je vais faire une petite plongée d’inspection sur le fond, mais comme j’ai déjà une petite idée derrière la tête, je lui demande de ne pas informer son plongeur de ma présence.

Quelques minutes plus tard, me voilà dans l’eau, je descends les 24 mètres le long de la ligne de descente.

Au cours de la descente, la lumière disparaît très rapidement.
Une fois sur le fond, c’est le noir complet que même le faisceau d’une lampe torche ne parvient à percer.

Aussitôt, je demande à mon assistant à quelle distance je me trouve de l’autre plongeur.

Mon tender me renseigne : « Si tu fais face aux palplanches, tu pars à droite, Jean-Marie se trouve à plus ou moins 7 mètres de toi ».

J’inspire un bon coup, puis très lentement tout en retenant ma respiration je me déplace dans cette direction.

Ca y est, je l’entends respirer, immédiatement, je calque ma respiration sur la sienne ainsi il ne pourra m’entendre.

Je continue encore mon approche, puis lorsque je suis pratiquement à ses côtés, je me couche sur le dos à plat sur le fond bien dans l’axe de son déplacement.

Le bruit de sa respiration s’amplifie, j’entends qu’il arrive sur moi.

Aussitôt je me mets en apnée car je n’ai pas envie qu’il détecte les bulles d’air qui sortent de mon détendeur.

Ca y est il butte sur moi,  arrête son déplacement et commence à me tâter.

Je le sens fébrile.

Pendant qu’il m’ausculte, je l’entend appeler : « Surface, surface, reprends mon narghilé, j’ai trouvé quelque chose, je remonte ».

Tiens bizarre pensais-je, il ne mentionne pas qu’il a trouvé un plongeur.

Je sens maintenant qu’il me saisit par le harnais et me redresse.

Moi j’ai besoin de respirer, aussi, je commence à nouveau à prendre de mini inspirations toujours réglées sur son propre rythme respiratoire.

La remontée commence, Jean-Marie me tiens toujours fermement mais ne dit plus rien.

Attention, l’eau s’éclaircit, nous approchons de la surface.

Quelques instants plus tard nous crevons la surface.

Nos deux cagoules se font face, au travers de mes yeux mi-clos, je vois que Jean-Marie me regarde d’un air ahuri se demandant sans doute ce que je faisais à côté de lui.

Moi, je n’en peux plus, j’ouvre subitement les bras en poussant un énorme cri tel un diable sortit de sa boite de pandore.

C’en est trop, mon pauvre collègue se saisit à tel point que je crois qu’il va me faire une attaque cardiaque.

Je n’arrête pas de me tordre de rire, tandis que maintenant les coups de poing pleuvent sur ma cagoule.

Ce n’est pas possible, je suis tout de même un beau salaud.

Evidemment, pendant encore longtemps, nous avons parlé de cette blague macabre.

Puis au fil des années elle est tombée dans l’oubli jusqu’à ce jour d’octobre 87 où travaillant dans le golfe persique, je supervisais la plongée de notre Rika Zarai de l’Offshore.

Celui-ci venait de terminer ses paliers de décompression et je lui avais donné le signal de remontée.

Bizarrement, je ne reçu aucune confirmation de sa part.
Silence total aux communications.

Aussitôt, je me rendis à l’échelle de plongée pour vérifier ce qui se passait et le vis flotter inanimé en surface.

Immédiatement, j’appelai le reste de l’équipe qui était déjà entrain d’équiper le plongeur suivant pour venir me prêter assistance.

Ceux-ci se jetèrent sur le narghilé, tandis que moi je me mis à l’eau pour prendre le malheureux plongeur sur mon épaule afin de faciliter sa récupération.

Mais à peine avais-je commencé à remonter l’échelle que tout d’un coup il me fit le même coup que j’avais moi-même fait subir à mon pauvre collègue belge.

De rage, je le rejetai à la baille et lui envoyai mon pied dans le casque.

Là, je compris tout d’un coup l’angoisse qu’avait du ressentir mon pauvre Jean-Marie.

 

Conclusion :

 

Ne fait pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.

 

Papy One

 

 

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commentaires

Denis 30/11/2009 12:15


Et puis à force de crier au loup…


Papy-Vito 16/06/2009 15:44

Coucou, bien des anciens se souviennent de toi.
Ce fut une superbe journée.
Je t'enverrai des photos + plus tard.
Bisou Papy
@ +++

Sandy 15/06/2009 14:27

c'est l'arroseur arrosé!!!
Bien fait!!!! :o)
on n'a pas idée de faire des peurs pareilles quand même ;-)

Papy-Vito 12/06/2009 20:38

KIKOU, comme disent les jeunes...
Mais si, il faut leur faire des blagues de ce genre...ils ont le coeur solide, c'est pas pour rien qu'ils sont scaph/plogeurs...
De plus, à leurs tours ils ont rigoleront dans 10/15/20 voir 30 ans...
Et ils se souviendront de NOUS, les PAPY'S
OK, je stoppe là.
PS: Dimanche je vais à Marseille à Comex, l'Assemblée Générale du CACX.
Bisou à Toi Vieux Papy.

Papy One 12/06/2009 21:15


Remets un GRAND bonjour de ma part aux anciens opérationnels qui se rappèlent encore de moi  .
A+


Pilisi 10/06/2009 18:32

Blague amusante, mais en effet pas trop à faire, un peu macabre...

Papy One 10/06/2009 19:49


C'est promis, je ne le ferai plus