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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 20:28

Photo Papy One en 87 

 

Au cours de mon existence, j’ai eu le grand honneur d’avoir été invité par deux fois par une altesse princière.

La première fois, c’était en Belgique en 87.

Cette année là, pour fêter mon quarantième anniversaire, j’avais décidé de traverser une partie de la Belgique à pieds en passant uniquement par les petites routes, chemins et sentiers.

Cela représentait une petite randonnée d’environ 150 km que j’avais prévu de faire en 7 jours.

Lors de la 5ième  étape, j’avais projeté de passer par un chemin boisé qui devait m’amener dans la vallée de la Meuse, mais en arrivant à l’orée du bois, un grand panneau m’appris que c’était une propriété privée par laquelle il était interdit de passer.

Ne voulant pas avoir à faire aux éventuels chiens du propriétaire, je m’assis au bord du chemin et me mis à étudier un nouvel itinéraire sur ma carte d’état major.

Comme midi approchait, je sortis également mon casse-croûte du sac à dos et m’apprêtai à manger une tartine, lorsque je vis un 4 x 4 arriver sur le chemin de terre que je voulais emprunter.

Le chauffeur  accompagné de deux enfants s’arrêta à ma hauteur, et me demanda poliment s’il pouvait m’aider.

Rapidement, je le mis au courant de ma randonnée et lui expliquai qu’en principe, j’avais projeté de passer par ce chemin mais que voyant qu’il était privé, j’allais dévier mon itinéraire.

Le gars, m’indiqua alors, que le domaine lui appartenait et que pour m’éviter un détour de cinq kilomètres il m’autorisait le passage sur ses terres.

Puis comme il voyait que j’allais manger un bout, il me proposa d’aller déjeuner avec eux en disant qu’il me ramènerait au chemin par après.

Bien entendu, j’acceptai avec plaisir car c’était toujours intéressant de rencontrer des gens de tout bord.

Je montai à bord de la jeep, qui repris la direction du bois, et après quelques minutes, nous arrivâmes à une grande et jolie bâtisse située en pleine clairière.

Mon hôte m’invita à prendre place autour d’une table installée en plein air,   un bon pain campagnard et de la charcuterie, avait été dressée.

Durant le déjeuner, le propriétaire et les enfants, se montrèrent très intéressés par mon projet de randonnée de même que sur mon métier de scaphandrier sur lequel la conversation avait dérivé.

De son coté, il resta très discret sur ses activités et dès lors, je pensais avoir à faire à un riche propriétaire terrien.

Pourtant, j’avais déjà vu la tête de mon hôte quelque part, mais sans pouvoir me rappeler où.

Une fois le casse-croûte terminé, je lui proposai de repartir et après avoir dit au revoir aux enfants je fus reconduit à l’orée du bois.

Puis après avoir vivement remercié le gars pour son hospitalité, je repris ma marche sur le sentier qui devait m’emmener à la Meuse.

Le soir, après avoir monté ma tente dans le petit camping local, je profitai de la soirée pour aller boire un verre à la cantine et discuter un peu avec la patronne.

Et c’est ainsi qu’au fil de la conversation j’appris que le domaine que j’avais traversé quelques heures plus tôt appartenait à un Prince de Belgique.

La seconde fois c’était au Nigeria.

En fait, étant un grand sportif à l’époque, je profitais comme beaucoup d’autres plongeurs de toutes les occasions pour courir un peu.

Que ce soit dans le caisson, sur une piste hélico, sur le pont d’un bateau ou ailleurs, toutes les occasions étaient bonnes pour entretenir la forme.

Donc, ce jour là notre petite barge était rentrée à terre pour une réparation et nous avions décidé un collègue et moi d’aller courir sur un sentier que nous avions repéré lors d’un vol en hélico.

A vue d’œil, ce chemin dans le bush faisait une grande boucle autour de la base et devait faire environ une bonne vingtaine de kilomètres, donc excellent pour nos jambes de sportifs.


Nous voilà donc partis tous les deux à un petit  douze km/h sous le soleil d’Afrique.

Bien qu’il fasse très chaud, nous apprécions d’une fois courir à l’extérieur et de ne plus entendre le vacarme incessant des machines qui tournaient jour et nuit.

Nous avions parcouru environ une douzaine de kilomètres lorsque au loin nous vîmes que nous approchions d’un village de pêcheur.

Plus nous approchions, plus les enfants du village venaient à notre rencontre en criant OÏBO OÏBO (homme blanc).

Nous étions maintenant à l’entrée du village, et bien entendu nous avions cessé de courir.

Les gens de l’endroit, étaient très intrigués de nous voir car il n’était pas courant de voir des blancs ici, si loin de la base.

Puis un jeune s’approcha de nous et en anglais, nous informa que le chef du village voulait nous rencontrer.

Toujours friand de faire des rencontres inopinées, nous l'avons suivi jusqu’à une case un peu plus cossue que les autres.

A l’entrée, un grand costaud d’une cinquantaine d’année nous accueillit à son tour en se présentant comme étant le Prince TOKO chef de ce village de pêcheurs.

Lui aussi se demandait ce que nous venions faire dans les parages et nous demanda si nous étions perdus.

Après lui avoir expliqué d’où nous venions, et autres banalités d’usage il nous invita à faire le tour de son village.


Pour nous, c’était une aubaine car il n’était pas courant d’être invité à pénétrer ainsi dans une cité de pêcheur.

Heureusement, nous avions emporté un petit appareil photo jetable dans notre petit sac et ainsi pûmes prendre quelques photos pour immortaliser le moment.


 A l’inverse de ses filles, le prince, refusa de poser avec nous car en le photographiant, il avait peur comme beaucoup d’africain de perdre son âme.


Après cette visite imprévue, notre Prince nous invita dans sa case et nous fit servir un verre de KAI-KAI .

Cet alcool local était un véritable tord boyau, mais comme nous ne voulions pas faire mauvaise impression, nous faisions semblant de le déguster avec délectation.

Résultat, la vieille qui nous avait servi, fut sommée de nous verser une seconde rasade.

Le Prince, lui avait probablement déjà picolé et fumé pas mal avant notre arrivée, car il avait les yeux injectés de sang.

Au fil des banalités, je vis qu’il n’arrêtait pas de lorgner ma ROLEX SEA DWELLER et très vite je compris qu’elle l’intéressait.


Puis comme je m’y attendais, au bout d’un moment il me dit. « Elle est très belle ta montre. Tu me la donnes et en échange je t’offre une de mes filles ».

Un peu estomaqué par son offre, je jetai malgré tout un regard aux deux jeunes femmes présentes dans la case.

Je ne doutais pas que pour ici, elles devaient être jolies, mais elles étaient loin de correspondre  aux canons de beauté féminins que j’avais à l’époque. C'est-à-dire ceux de ma petite femme, de Catherine Deneuve pour la classe et de Pamela Anderson pour les formes.

Donc je fus très embêté car je ne savais pas trop comment refuser son offre sans trop le vexer car cela pensais-je pourrait faire dégénérer la situation.

Puis tout d’un coup, me revint en mémoire l’histoire de mon collègue Christian qui quelques années plus tôt au Burundi s’était fait détrousser de toute ses affaires par des bandits à l’exception de sa montre.

Afin de pourvoir la conserver, il avait prétexté que c’était un outil indispensable pour son travail, et étonnement, les voleurs la lui avait laissée.

Je tentai donc le même coup.

Prince TOKO lui dis-je, « je suis vraiment fort honoré de votre offre mais malheureusement je ne puis l’accepter car si je vous donne ma montre de plongée, je ne pourrais plus garantir la sécurité de mes plongeurs Nigérians et cela j’en suis certain vous ne le voulez pas ».

Paf, dans le mille, je l’avais bluffé car il était obligé d’acquiescer.

Profitant de son embarras et de sa torpeur grandissante, j’en profitai pour lui dire que nous avions encore un bon bout de chemin à faire pour rentrer à la base et donc tant bien que mal, nous pûmes quitter les lieux après une multitude de courbettes hypocrites.

Le jogging des derniers kilomètres était bien plus dur que prévu à cause de ce que nous avions ingurgiter, mais finalement nous fûmes bien contents de retrouver la civilisation.

Le soir, seul dans ma bannette je me dis que j’avais peut-être été con de ne pas accepter cette offre incongrue.

Ok, j’aurais été quitte de ma jolie montre, mais je serais maintenant devenu beau-fils de Prince ce qui aurait tout de même été une sacrée promotion sociale.

 

 Conclusion:

Ne portez pas de jolie montre dans les endroits dangereux.


Papy One 

 

 

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commentaires

online dissertation help 15/09/2009 07:56

Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!

Carl 09/05/2009 22:07

Tu devrais vendre cette histoire à Rolex, c'est un bonne publicité pour eux, ou au moins la négocier pour un entretien gratuit.

Papy One 10/05/2009 20:34


Heh, je n'y avait pas pensé, d'ailleurs je pense que je vais réintituler l'article:
" Une Princesse pour une Rolex "


gigiplouf 26/04/2009 12:38

Bravo pour se super blog,vivement vendredi prochain, très passionnant...
Ci tous les scaphs pouvaient êtres aussi enrichissants que vous se serait magnifique!

Merci encore Papy >-////°>

Papy One 26/04/2009 14:51


C'est vrai que pas mal de mes collègues ont eux aussi vécu des histoires extraordinaires.
Mais apparemment très peu veulent en parler.
Pourquoi ? no lo se.
Pour ton info, il y a le nouveau bouquin "scaphandrier 2" qui vient de sortir (je ne l'ai pas encore lu) et qui raconte une série d''histoire.
A+
Papy One


Sandy 20/03/2009 20:47

Tiens, que le monde est petit, Madame Soleil ici!
Et qui a un lien avec la plongée!!

Papy, je vais demander des royalties!!!

Bonne soirée!
Sandy

Papy One 20/03/2009 21:29


D'accord, mais pas trop car les temps sont un peu durs.

A bientôt
Francis


soleildebrousse 20/03/2009 20:19

Bonjour, je vous découvre en passant par chez SANDY...
Je vais passer le lien de votre blog à mon mari qui est scaphandrier.. aussi.. en Afrique.
Personnellement, j'ai plongé aussi (MF1) mais je ne plonge plus..
c'est un beau blog que le vôtre.
à bientôt.

Papy One 20/03/2009 21:25



Bonsoir Soleildebrousse merci pour le compliment .
Quel joli pseudo tu as cela me rappèle un peu les beaux couchés de soleil Africain (en dehors de la saison des pluies bien sûr  ) que j'ai pu voir.

Par email tu peux peut être me dire qui est et pour qui travaille ton mari ?A+
Francis