Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
  • Contact

29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 19:24

La collègue que j'aurais aimé avoir.
oh-les-beaux-yeux.jpg

An de grâce 1981.


Cela fait maintenant quelques jours que je suis arrivé à bord du DSV Tarasco qui travaille actuellement dans le golfe du Mexique.

Le service des opérations de Marseille m’a envoyé ici parce que hormis les travaux offshore, j’ai également une grande expérience de plongée en travaux publics en Belgique, ce qui signifie plusieurs milliers d’heures de plongée sans visibilité, et parait-il c’est cela qui est recherché au Mexique car ici la « visi »  est très mauvaise.

Pendant toute cette semaine passée sur le pont j’ai eu l’occasion de m’imprégner de l’ambiance qui règne à bord de la barge, mais je me suis également efforcé d’étudier le type de matériel et équipement qui est mis en œuvre sur le chantier.

Depuis plusieurs mois, les opérations de plongée, consistent principalement  à réaliser des connections de pipeline par soudure hyperbare et c’est une nouvelle opération de ce type qui va commencer cette nuit.

En effet, nous allons procéder au raccordement de deux pipelines de 36” qui ont été récemment posés sur le fond par une Lay barge.

Notre support naval dispose d’une tourelle de plongée et d’un ensemble de saturation composé de 3 caissons de 2 mètres de diamètre disposés en étoile autour d’un caisson humide.

L’ensemble des caissons se trouve sous le pont principal et la tourelle accède à la mer via le moon pool central du bateau.

L’entrée en « sat » de l’équipe, est prévue vers 22h00 et pour le début de l’opération, seul 9 plongeurs seront comprimés.

ensemble-de-sat-copie-1.jpg


Chaque caisson comporte 4 bannettes, mais pour des raisons de confort les  plongeurs seront répartis dans les 3 caissons par équipes de 3.

Comme nous disposons encore de quelques heures avant la mise en pression, chacun s’active à préparer sa couchette avec des draps frais et à amener les effets personnels dont il aura besoin pendant son séjour.

Vivre à 3 dans une enceinte de 2 mètres de diamètre, n’est pas très confortable surtout si l’on enlève encore les 30 centimètres du plancher, cela laisse vraiment très peu de place, surtout pour celui qui doit dormir sur le lit du haut.

Généralement c’est le plus mince de l’équipe qui est sacrifié et désigné d’office pour dormir en haut, bien que certaines équipes choisissent de faire un roulement.

22 heures approche, après un dernier briefing avec le conducteur de travaux, nous nous rendons dans le control room des caissons masters où certains en profiteront pour griller une dernière clope.

Avant d’entrer dans nos caissons respectifs, les caissons masters vérifient une dernière fois nos poches à fin de s’assurer que personne n’amène de produits illicites ou dangereux tels que : cigarettes, allumettes, briquet, ou alcool. Les bouquins de culs sont bien entendu autorisés.

Cette fois ça y est, le caisson master met le système de régénération en route, et après avoir fermer la porte, les caissons sont comprimés à l’air jusqu’à la profondeur de 10 mètres.

Cette première partie de la compression a pour but de faire monter la pression partielle d’oxygène à  420 mb.

Ensuite les caissons sont comprimés avec de l'hélium pur jusqu’à la profondeur du niveau vie qui se situe généralement 10 mètres plus haut que la profondeur de travail.

Comme le fond de la mer où nous allons opérer est de 40 mètres, le niveau vie dans les caissons sera de 30 mètres.

Durant la compression, le ventilateur du filtre de chaux sodée est mis en route pour favoriser le mélange des gaz ambiants, mais comme cela ne suffit pas, nous sommes priés de brasser les gaz à l’aide de nos serviettes de bain.

Etant donné que le niveau vie n’est pas profond, la vitesse de compression peut être d’environ 1 m / min. ce qui fait que nous atteignons le niveau vie en 30 minutes.

A 23 h 00, le chef de poste nous  appelle déjà  pour réaliser une première plongée.

Le caisson n° 1 dont je fais partie est tiré au sort.

Je suis désigné comme étant le plongeur n° 1, Laurent est plongeur n° 2 tandis que Samo la moustache est désigné comme bellman.

Le rôle du plongeur n° 1 consiste à diriger toute la plongée, c’est lui qui discute avec le chef de poste sur la manière de faire tel ou telle chose.

Le plongeur n° 2 est là pour assister le plongeur n° 1 et il ne prend généralement pas de décision quant au déroulement des opérations.

En milieu de plongée, le plongeur n° 2 rentre à la tourelle et se fait alors remplacer par le bellman.

Le bellman est le plongeur désigné pour rester dans la tourelle à fin d’aider et de surveiller les plongeurs.

Pendant que Samo passe dans la tourelle pour faire la check-list avant plongée, Laurent et moi passons dans le wet pot (caisson humide) pour mettre nos vêtements à eau chaude et nos harnais de sécurité.

Pendant ce temps, Marcel le chef de chantier, nous rappelle via l’interphone quelle sera notre mission pour cette plongée de nuit : recherche du premier pipeline de 36 ” / balisage / alignement du pipeline le long de son tracé final.

Une fois la check-list terminée, Samo nous informe que nous pouvons à notre tour passer  dans la tourelle.

Après que nous nous sommes installés sur les minuscules sièges, le bellman ferme la porte latérale de la tourelle et en informe de chef de poste, qui à son tour demande alors à l’un des plongeurs au repos de venir fermer la porte du caisson humide.

Le sas intermédiaire situé entre le wet pot et la tourelle est alors décomprimé et la tourelle déconnectée de l’ensemble vie.

En surface, l’équipe d’assistance renferme la porte latérale extérieure de la tourelle et assure la translation de celle-ci jusqu’au moon pool.

Après avoir connecté les 2 câbles guides, la tourelle est ensuite descendue le long de ceux-ci.

Durant la descente, Samo surveille le manomètre de pression de la porte latérale à fin de vérifier que l’étanchéité de la porte latérale est bonne.

Il annonce aussi la profondeur tous les 10 mètres et ce  jusqu’à ce que la porte inférieure s’ouvre légèrement à cause de la pression hydrostatique et laisse passer un peu d’eau.

La tourelle est alors stoppée et notre bellman ouvre entièrement la porte inférieure, ensuite il chasse l’eau à l’aide de la vanne de pressurisation et refait alors descendre doucement la tourelle jusqu’à 4 à 5 m du fond.

Les différents circuits d’alimentation en gaz et en eau chaude sont ouverts, et Samo peut maintenant me donner un coup de main pour m’équiper.

D’abord brancher le flexible d’eau chaude.Ah!que cela fait du bien cette arrivée d’eau chaude à 35°.

Il faut dire que je commençais à vachement me refroidir dans cette atmosphère d’héliox.

Ok Samo, maintenant tu peux me mettre le KMB 17.

Voilà qui est fait.

Je teste rapidement mon arrivée de gaz au niveau du free-flow ainsi que par la vanne du biberon secours.

En surface, le chef de poste m’a branché sur un mélange héliox de 12/88 de manière à ce que je plonge avec une PPO²  comprise entre 400 et 800 mb.

Euh !! Samo n’oublie pas de me mettre la goupille de sécurité car je n’ai pas envie de perdre mon casque comme certains malheureux plongeurs.

OK , c’est bon.

Moi : Allo surface, est-ce que tu me reçois ?

Surf : 5 sur 5 plongeur 1.

Pl 1 : Ok, je suis prêt à sortir, tu peux me dire de quel coté je suis sensé trouver le pipe ?

Surf : En principe vers 9 h.

Pl 1 : Ok je sors et je pars vers 9 h.

Surf : Ok tu pars vers 9 h.

Je me laisse doucement descendre au travers du hub de 80 cm, et je me retrouve dans l’eau.

Pl 1 : AAH !! AAH ! surfaaace qu’est-ce que c’est cette connerie ?

Surf : Qu’est-ce qui se passe pourquoi tu gueules comme ça ?

Pl 1 : AAH !! AAH !!  mes yeux !!! je suis trop ébloui, on m’avait dit qu’ici il n’y avait pas de visi et  j’ai au moins 30 m au niveau de la tourelle AAH !!

Surf : Francis arrête de faire le mariole et va travailler.

Pl 1 : Bien chef.

Bon, je me laisse tomber sur le fond et je commence à me déplacer doucement vers 9h tout en surveillant la direction de mon narghilé.

Pendant que je me déplace sur le fond vaseux, je me rends compte que la visibilité diminue rapidement à cause de mes mouvements dans la vase, mais rien de catastrophique puisque je vois au moins encore à 3 mètres.

Ah ! c’est sacré français tout de même, ils feraient bien de venir faire un petit stage de plongée chez les belges à l'IFPME.

Pl 1 : Surface, tu peux demander au bellman si je vais toujours dans la bonne direction ?

Surf : Bellman ... est-ce que le plongeur va toujours dans la bonne direction ?

Bellman : Affirmatif.

Surf : Affirmatif plongeur.

Pl 1 : Ok je continue.

Quelques instants plus tard.

Bellman : Surface ... tu peux dire au plongeur qu’il est en bout de narghilé.

Surf : Plongeur tu es en bout de narghilé.

Pl 1 : Ok ... je n’ai rien trouvé ... Dis au bellman de tenir le narghilé tendu car je vais faire une circulaire.

Surf : Ok plongeur.

Bellman : Ok surface je tiens le narghilé tendu.

Comme je ne pense pas être cocu comme certain, je m’en doutais bien que je n’aurais pas trouvé le pipe directement.

Je commence à tourner lentement autour de la tourelle en prenant bien garde de tendre mon narghilé de 50 m.

Au bout d’un certain temps (temps que met le fût du canon pour se refroidir) je vois apparaître une masse sombre dans mon champ de vision.

Ca y est, cette fois je le tiens.

Pl 1 : Surface .... ça y est, j’ai trouvé le pipe.

Surf : Bellman .. tu peux me dire vers quelle heure part le narghilé ??

Bellman : 3 h.

Surf : plongeur le pipe est à 3 h.

Pl 1 : Je m’en doutais, tu as sûrement lu ton plan à l’envers.

Surf : § ;%, ?O(( .. Plongeur tu peux me donner l’envasement du pipe ?

Pl 1 : Oui ... envasé jusqu’à la moitié.

En surface, le chef d'équipe informe le COH de la situation.

Celui-ci décide de faire bouger le bateau.

Surf : Plongeur .... on va déplacer le bateau  vers le pipe de 20 m.

Pl 1 : Ok , dis au bellman de reprendre mon narghilé au fur à mesure du déplacement.

Surf : Bellman... on va déplacer le bateau vers 3 h ... tu reprends doucement le narghilé.

Bellman : bien compris je reprends le narghilé.

En surface, le chef de poste informe la passerelle qu'on peut déplacer le bateau de 20 m vers tribord.

Comme il s’agit d’un bateau à positionnement dynamique, l’officier de quart entre les données dans l’ordinateur, et démarre la manœuvre.

Sur le fond de l’océan, j’entends que les thrusters commencent à tourner plus régulièrement tandis qu’en même temps je sens que Samo reprend le narghilé.

Au bout de quelques minutes la surface m'appelle :

Surf : Ok plongeur on a fait les 20 m.

Pl 1 : Ok bien reçu

Surf : Francis, on va te faire descendre le panier avec une balise.

Pl 1 : Ok , est-ce qu’il y a une luciole sur le panier ???

Surf : Affirmatif.

En surface, l’équipe de pont a préparé le panier de travail avec un pinger et attend l’ordre de le descendre.

Surf : Ok plongeur, le panier descend.

Pl 1 : Bien reçu.

Je me mets sur le pipe et je scrute dans la direction où doit arriver le panier.

Au bout de quelques instants, je commence à apercevoir des flashs et un halo de lumière verte, ça y est, voici le panier.

Pl 1 : Surface, je vois le panier ... ok continue à descendre doucement. ok stop! panier sur le fond.

Surf : Stop ! panier sur le fond.

Je me rends vers le panier et je retire le pinger.

Pl 1 : Ok surface tu peux faire remonter le panier.

Surf : Ok reçu.

Surf : Francis, tu vas te déplacer le long du pipe avec le pinger comme cela on pourra connaître son orientation exacte.

Pl 1 : Ok surface, je commence à me déplacer le long du pipe.

 plongeur-pinger.jpg
Pendant que je me déplace, le pinger envoie un signal qui est capté en surface et reporté sur la carte.

Je me déplace ainsi sur environ 300 m tout en faisant doucement déplacer le bateau de manière à ce que je ne travaille pas en bout de narghilé.

Pendant que je me déhale ainsi sur le fond, depuis environ 1h30, Samo et Laurent continuent à respirer dans la tourelle, chaque métabolisme va consommer environ 30 litres d’oxygène par heure et produire environ la même quantité de CO².

Pour le CO² , pas de problème la tourelle est équipée du scrubber (filtre à chaux sodé) mais en surface, le chef de poste s’aperçoit que le PPO² diminue, d’où sa réaction.

Surf : Bellman tu fais 2 rajouts d’oxygène.

Bellman : Ok 2 rajouts.

A  la passerelle, le conducteur de travaux se rend compte que le tracé de mon survey ne correspond pas à l’emplacement final que doit avoir le pipeline.

Celui-ci se trouve à environ 45 m de son axe théorique, résultat il va valoir riper  le pipe.

Il en informe le chef de chantier qui à son tour avertit le chef de poste.

Surf : Plongeur.

Pl 1 : Oui j’écoute

Surf : Ok, il va falloir riper le pipe de 40 m vers bâbord sur une distance de 300 m.

Pour alléger le pipe, on va te descendre des parachutes de 10 T que tu fixeras tous les 30 m en partant de l’extrémité.

Pl 1 : Ok bien reçu, mais comme le pipe est envasé, il me faudra la galléazzi et une aiguille pour passer le élingues sous le pipe.

Surf : Ok bien reçu, on te mettra la galléazzi à coulisser sur le câble du panier en même temps qu’un premier parachute.

Pl 1 : Ok bien reçu, et tu peux demander à Laurent de se préparer.

Surf : Laurent, tu peux te préparer pour donner un coup de main à Francis pour installer les parachutes.

Pl 2 : Ok, je m’équipe.

Entre-temps, le panier est arrivé au fond, j'y remets le pinger, je récupère la lance galléazzi et je me rends en début de pipe à environ 5 m de la tête de traction.

Là, je commence à faire un trou dans la vase de manière à pouvoir passer mon épingle (fer à béton cintré au diamètre du pipe) plus facilement sous le pipeline.

Dès que la sangle est en place, le plongeur 2 fixe le parachute et le gonfle à l’aide de la ligne de gonflage qui nous arrive de la surface.
 

mise-en-place-parachute.jpg
Pendant les 4 heures qui suivent, Laurent et moi installons la série de parachutes le long du pipeline.

Pl1 : Ok surface tous les parachutes sont en place et gonflés.

Surf : Ok on va maintenant retourner au début de la ligne avec le bateau et on va descendre les câbles des 3 daviers de relevage.

Pl 1 : Ok bien compris.

Pendant que le bateau se déplace à nouveau vers l’origine du pipeline nous nous mettons en stand by sur les contrepoids de la tourelle.

J’en profite également pour boire un coup.

20 minutes plus tard, le bateau est en position.

Surf : Ok plongeurs le bateau est en place, on va commencer à faire descendre le câble du davier numéro 1.

Pl 1 : Ok on descend le numéro 1

Les trois câbles espacés d’une quinzaine de mètres sont ainsi élingués au pipe de la même manière que les sangles des parachutes.

Une heure plus tard.

Pl 1 : Ok surface les câbles de davier sont installés.

Surf : Ok plongeurs  allez vous mettre à l’abri sous la tourelle, on va remonter doucement le pipe jusqu'en surface.

Pl 1 : Ok reçu

Surf : Plongeur 2 tu va rentrer à la tourelle pour changer avec Samo.

Pl 2 : Ok je rentre à la tourelle.

Surf : Bellman, Laurent rentre pour changer avec toi.

Bellman : Bien reçu on change.
 

plongeur-tourelle.jpg
Pendant ce temps, le pipe est  remonté lentement en surface à l'aide des 3 daviers.

Cette remontée permet au pipeline d'avoir un angle correct jusqu'à l'endroit du touch down, ce qui lui évite de se casser.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est en surface, on va commencer le ripage.

Pl 1 : Bien reçu, on reste à l'abri.

Le bateau se déplace maintenant latéralement par pas de 5 mètres et ce jusqu'à ce que le pipe se trouve dans l'axe prévu.

C'est maintenant Samo qui me rejoint sur les contrepoids en attendant la fin de la manœuvre de déplacement.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est dans l'axe, on va commencer à le faire descendre.

Pl 1 : Bien reçu.

Quelques minutes plus tard le pipe apparaît.

Pl 1 : Ok surface, je vois le pipe il est à 10 mètres du fond tu peux continuer à le poser.

Surf : Plongeur 1 je t'avertis dès que la tension des câbles est à zéro.

Pl 1 : Bien reçu.

Le pipe se pose lentement sur le fond, mais à cause de l'état de la mer, le tangage et roulis du bateau se répercute sur le tube et celui-ci danse un peu sur le fond, ce qui a comme conséquence de soulever un nuage de vase qui réduit directement la visibilité à zéro mètre.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est posé, Francis tu défais les daviers et toi Samo tu commences à dégonfler les parachutes.

Pl 1 : Ok je fais les daviers.

Pl 2 : Ok je dégonfle les 10 T.

Nous revoilà donc partis tous les deux à procéder au démontage des daviers, et ensuite à l'enlèvement et la récupération de tous les parachutes.

Ce travail va à nouveau nous prendre 2 bonnes heures.

Pl 1 : Ok surface le pipe est clair.

Surf : Ok les gars bien travaillés vous pouvez rentrer dans la tourelle.

Comme cela fait un peu plus de 9 heures que je suis dans l'eau, Samo m'invite à rentrer le premier. Chose que j'accepte volontiers,"merci Samo".

Mais voilà que brusquement Samo me tape sur l'épaule et me fait signe de regarder dans une direction donnée.

OOOUAHHH !!!! Chouette alors une bande de petits requins tournent autour de la tourelle, il y en a au moins une dizaine.

Pl1 : Surface.... on est entouré d'une bande de petits requins.... c'est super chouette.

Surf : Quoi ! vous ne les avez pas vu  sur le fond ?

Pl1 : Ben non il n'y avait plus assez de visi depuis la pose du pipe.

Surf : Est-ce qu'ils sont grands ??

Pl1 : Non, ce sont des requins pour PD ils ne font pas plus d'un mètre cinquante.

Surf : Bien allez rentrer maintenant avant qu'ils ne vous bouffent le culs.

Je rentre dans la tourelle, pour faciliter ma rentrée, Laurent ouvre la vanne du col de cygne, ce qui permet à l'eau de monter d'environ 0,4 m dans la tourelle.

Dès que j'ai le KMB 17 hors de l'eau, j'ai du mal à garder la tête droite à cause de la fatigue, je ressemble à David Niven dans le cerveau, Laurent est obligé de me redresser la tête pour pouvoir m'ôter le casque.

Ouf, voilà qui est fait, je me sens mieux.

plong-e-tourelle-copie-2.jpg


Une fois déséquiper, je donne un petit coup de main au bellman à fin de tout ranger avant de faire rentrer le plongeur 2.

Ok, Samo est à son tour dans la tourelle.

Bellman : OOUAHH ! Samo qu'est-ce qui est arrivé à ta palme ???

Samo : Oh merde alors c'est quoi ça ?

En fait, toute  la voilure de la palme gauche a disparu jusqu'au niveau du pied et d'après la forme on voit clairement que cela a été arraché par une bébête avec de bonnes dents style requin ou grosse murène.

Francis : Et tu n'as rien senti ?

Samo : Ben si, j'ai bien senti quelque chose, mais je croyais que je m'étais accroché.

Francis : Eh bien mon gars, pour le même prix tu aurais pu avoir quelques orteils en moins.
Donc tu vois que ce qu'ils nous ont dit en surface du genre  "si vous ne voyez pas le requin, lui ne vous voit pas non plus" c'est de la connerie.

Lorsque tout est bien rangé et les vannes d'alimentation fermées, le bellman chasse l'excédant d'eau via la vanne de pressurisation, puis inspecte le joint de la porte inférieure et la renferme doucement.

Encore une petite pressurisation pour assurer le plaquage de la porte et nous voilà prêt à remonter.

Bellman : Ok surface porte plaquée, vous pouvez  remonter la tourelle.

Surf : Ok on vous remonte.

Pendant que la tourelle remonte, nous discutons de tout et de rien et bien sur de la palme.

En surface, l'équipe s'active à clamper la tourelle au caisson humide, et finalement nous entendons le bruit du vérin hydraulique qui assure le verrouillage final de l'ensemble.

Il ne reste plus qu'à comprimer le sas et nous voilà près à repasser dans notre petite maison.

Bellman : Ok surface, porte ouverte.

Surf : Ok les gars bonne nuit et merci.

Nous passons tour à tour dans le wet pot, où l'on croise le bellman de la seconde équipe qui se prépare à rentrer dans la tourelle pour faire sa check-list.

Au micro, serge le caisson master vient nous annoncer le menu. "Ok les gars, aujourd'hui il a le choix entre du caca sur de la merde, ou de la merde sur du caca."

Moi je choisis le premier plat, de toute façon merde ou pas, la nourriture n'a de toute façon pas beaucoup de goût en caisse, mais comme disent les Français, on mange aussi avec les yeux.

Enfin, encore quelques jours de patience et on aura peut-être droit à quelque chose de mieux car l'ensemble du catering c'est fait virer.

Pendant que Samo et Laurent discutent avec les 2 plongeurs suivant, j'en profite pour prendre une bonne douche bien chaude, car je trouve qu'il fait un peu frisquet dans notre caisson.

C'est vrai que 30 ° c'est un peu juste.

Il nous reste maintenant à prendre notre repas, et ensuite un gros dodo puisque nous sommes maintenant tranquilles pour une quinzaine d'heures.


Papy One

Photos et Diving Art trouvé sur internet (auteurs inconnus)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vito 13/03/2009 18:11

Tiens tiens, une nouvelle admiratrice "Cathy" qui as les Yeux Bleus.
C'est quant même bon de rire surtout en fin semaine...cela rend HEUREUX.
Bon Week-End à VOUS.
@ +

Cathy 12/03/2009 17:07

Moi je les aie

Sandy 11/03/2009 21:57

MDR, le commentaire de Vito!!!
Je n'ai pas les yeux bleus, désolée!!! :o)

Vito 11/03/2009 19:55

Ouahhh, Je crois que Sandy est Amoureuse...de Toi..Lolll
Aurait elle les Yeux Bleus..???
Ciao Papy...

Papy One 12/03/2009 12:13


Bonjour VITO,
Ce blog est lu par tous (du moins je l'espère)  donc attention de ne pas y mettre de commentaire compromettant.
Je ne connais pas Sandy, elle a  sa vie amoureuse et moi la mienne.
Donc be carefull.
A+


Sandy 09/03/2009 10:43

Bonjour,

Super un article qui permet aux néophytes comme moi de "vivre" une plongée...
Je n'ai pas pu m'empêcher de lire ton texte en repensant au documentaire de France 5...

Raconte ta plongée de 13h!!!

Bonne journée,
Sandy

Papy One 14/03/2009 16:27



 


Bonjour Sandy,
Je viens aussi de revoir ce reportage qui est super bien fait.
C'est vrai, que dans les années septante beaucoup d'accident de plongée professionnelle ont eut lieu en mer du Nord et ailleurs car comme le dit le reportage on envoyait sur chantier n'importe
qui et en même temps on plongeait de plus en plus profond sans vraiment avoir un retour sur l'efficacité des tables de plongées (très) profondes.
Il est vrai, qu'en mer de Nord, ce sont à l'époque ceux qui travaillaient sur le secteur Norvégiens qui "morflaient" le plus car ils faisaient parfois des plongées unitaires en tourelle jusqu'à
150 voire 170 m.
Dont cela signifiait une compression extrêmement rapide (+/- 50 m/min.) suivi à chaque fois d'une décompression éprouvante.
Ce type de plongée était surtout pratiqué sur les plateformes de forage où il ne fallait plonger qu'en cas de problème.
Sur les autres chantiers de construction, on a très vite privilégié la plongée en saturation qui était nettement moins néfaste pour la santé.
Le reportage nous parle également de tous ces plongeurs Norvégiens qui ont maintenant ces problèmes psychologiques et qui pour certains les ont menés au suicide.
C'est vrai, que la même chose existe mais dans une moindre mesure, pour les plongeurs Anglais et Français qui ont travaillés dans l'offshore à cette époque là, ou plus tard.


Mais,
je pense personnellement comme je l’avais d’ailleurs dit à l’époque à Olivier Truc au cours d’une longue conversation téléphonique que nous avions eut ensemble,  que bon nombre de ces problèmes sont également lié au fait qu'à l'époque de l'offshore, bon nombre de plongeurs n'ont pas su gérer l'argent qu'ils gagnaient, et
beaucoup menaient la grande vie sans trop ce préoccuper de l'avenir.
Ce qui fait que lorsque le travail a commencé à diminuer certain d'entre eux n'avaient aucune porte de sortie.
De plus, il est vrai que faire autre chose après avoir été plongeur professionnel offshore n'est certes pas facile car malgré la vie parfois très stressante et dure des chantiers il y régnait
souvent un esprit de camaraderie que l'on ne retrouve pas facilement dans d'autre profession.