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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 20:19
Photo : Escravos vue du ciel

Lorsque j’étais un jeune chef d’équipe je m’efforçais d’organiser assez régulièrement des  exercices de sécurité afin de pouvoir tester mes réactions mais également celles de mon équipe en cas de situation critique.

La plupart de ces exercices consistaient à récupérer le plongeur en soit disant difficulté.

Généralement, je choisissais la fin d’une plongée sans palier pour réaliser le test et pour cela je demandais au plongeur de se coincer quelque part dans la structure et  d’ensuite appeler pour de l’aide.

L’exercice consistait alors à envoyer le plongeur secours pour libérer le plongeur et le ramener à la surface où il devait être pris en charge et être rapidement amené au caisson pour une recompression thérapeutique fictive.

Ces drills étaient toujours plein d’enseignements et étaient parfois si réalistes que l’on avait du mal à sortir du jeu.

La plupart du temps j’informais chacun sur la barge qu’un tel exercice allait avoir lieu au cours du poste, mais un jour j’oubliai d’avertir une autre barge qui se trouvait non loin de nous et sur laquelle il y avait des plongeurs anglais.

Lorsqu’ils virent notre supposé plongeur accidenté pendre dans la grue, les gars de l’autre barge

(photo internet)

dépêchèrent immédiatement leur zodiac avec une équipe de plongeurs pour nous prêter assistance.

Ils furent un peu étonnés mais également rassurés lorsque je leur dis que ce n’était qu’un test de récupération.

Une autre fois, lors d’un séjour au Nigeria, je voulais tester mon équipe, mais, également le personnel de la base d’Escravos.

Nous étions alors le 10 décembre 91 et cette fois, je demandai à un de mes plongeurs Nigérians de simuler un accident de type II plus ou moins 3 heures après sa plongée et cette fois personne à part lui et moi n’était au courant de ce qui allait se passer.

Toutes les plongées de la journée avaient été réalisées et nous attendions que le soudeur termine son boulot.

En attendant, j’étais occupé à remplir mon rapport journalier lorsque soudainement un plongeur entra dans ma cabine et m’informa qu’il y avait un gros problème avec (appelons le) Godwin car il s’était écroulé sur le pont.

Je me rendis aussitôt sur le pont et vis que “la victime” qui gisait là devant moi présentait une paraplégie accompagnée de problème d’élocution.

Immédiatement, je fis rassembler l’équipe des plongeurs sur le pont pour donner un coup de main pour le transfert vers le caisson.

Notre plongeur était si bon comédien que personne ne doutait de la véracité de l’accident.

Une fois installé dans le caisson, celui-ci fut mit en pression et je demandai alors à Bruno l’accompagnateur de démarrer le traitement médical qui devait débuter par une injection intramusculaire dans le quadrant extérieur de la fesse.

Jusqu’à présent, notre victime était plutôt mal en point, mais à la vue de l’immense aiguille un miracle se produisit et notre Godwin fut immédiatement sur pied à la grande surprise du restant de l’équipe.

A ce stade de l’exercice, je mis les plongeurs au parfum mais leur demandai de continuer à jouer le jeu afin de pouvoir tester le restant de l’organisation.

Je laissai le caisson sous la supervision de Mathias le second ex pat et allai à la salle radio pour prévenir Charlie One qui était notre responsable à la base d’Escravos.

Lorsque je l’eu à la radio, je lui expliquai que nous avions un sérieux problème à bord qui nécessitait un traitement thérapeutique de type II pour lequel je souhaitais la présence du médecin de la base comme c’était d’ailleurs prévu dans la procédure d’urgence.

Tout en lui demandant d’organiser le transfert du toubib le plus rapidement possible, je lui demandai aussi de m’appeler avant le départ de l’hélico.

Puis je coupai court à la conversation en prétextant que je devais retourner au caisson.

A bord, tous le monde s’inquiétait de l’état de santé de leur compatriote et donc je leur répondis qu’il était en de bonnes mains.

Peu de temps après, Charlie One me rappela et m’informa que le médecin refusait de se rendre à bord pour rentrer dans le caisson, mais qu’il avait trouvé quelqu’un d’autre et qu’il était prêt à me l’envoyer.

A ce stade, je lui dit qu’il pouvait tout arrêter parce qu’en fait tout ceci n’était qu’un exercice.

Il y eut un grand silence à la radio, puis il me demandât si je plaisantais.

Lorsque je lui dis que non, il y eut une sorte de grognement et la radio se tut.

Plus tard, j’appris que mon exercice avait fait pas mal de remue-ménage à la base et que suite à son refus le toubib avait été viré.

Quelques jours après, la barge rentra à terre pour quelques heures  et le chef de base en profita pour me convoquer.

Pas très rassuré, je me rendis à son bureau en pensant avoir droit à un savon de première, mais bien au contraire il me dit qu’il avait apprécier le fait que je fus si concerné par la sécurité, mais il me demanda malgré tout à l’avenir de l’informer à l’avance de mes idées farfelues, ce que je fis.

Une chose est certaine, c’est que ces exercices de sécurité étaient à chaque fois une source de renseignements qui permettait de corriger pas mal d’erreurs.

 

Conclusion :

 

On s’aperçoit que la sécurité en  plongée offshore est bien plus rigoureuse que celle que l’on applique sur les chantiers TP.

En offshore, on est conscient du risque et on fait tout pour essayer de le limiter au maximum en drillant le personnel à réagir correctement.

En TP au contraire on pense que le risque n’existe pas et en général on se fout pas mal de la sécurité.

Dommage que les inspecteurs habilités à contrôler les chantiers ne fassent pas effectuer ce genre d’exercice à l’improviste, on pourrait rigoler un peu et au moins quelques rapports négatifs pourraient à (très long) terme changer les choses.

  

Papy One

 

Est-ce que par hasard Papy One serait aigri ?

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commentaires

soleildebrousse 01/04/2009 14:00

Alors là ! je souris en lisant ta réponse aux commentaires (et merci pour le reste :)...
parce que j'entends ça à la maison tous les jours... c'est pas parce qu'on est un "vieux" plongeur qu'on n'est plus un bon plongeur...
mais tu sais ce qu'on dit aussi en plongée sportive ? statistiquement les accidents arrivent aux "apprentis" et à "ceux qui croient qu'ils ont tout vu.".. au milieu en général : rien, nada...des mecs ou des nanas réglos qui croient encore qu'en effet au moindre écart, tout peut arriver...

Papy One 03/04/2009 21:10


Est-ce que le nom sur l'email que tu m'as envoyé est celui de ton mari ?
Dans ce cas je ne l'ai malheureusement pas connu.
Remets lui tout de même les amitiés d'un ancien.
A bientôt
Francis


Sandy 05/03/2009 15:15

Bonjour,

Tu as raison de râler, ce n'est parce qu'on est un professionnel ou qu'on travaille dans une zone qui présente peu de risques qu'il faut oublier la sécurité... bien sûr, si tu ne sais plus plonger, ça complique les choses, MDR!!! :o)

bonne journée
Sandy

Papy One 05/03/2009 19:18



Là je ressent une petite pointe d'ironie.



Sandy 03/03/2009 12:14

Bonjour,
Mais non, tu n'es pas aigri! ;-)
C'est un bon article qui est tout à ton honneur. Veiller à la sécurité de tous et prendre des mesures concrètes pour préparer chacun à faire face aux aléas, c'est ça aussi diriger une équipe.
A bientôt pour ton nouvel article!
Bonne journée
Sandy

Papy One 04/03/2009 20:32



Bonsoir Sandy et Vito,
Bien sur que non je ne suis pas aigri, je râles un peu c'est tout car cette catégorie de plongeurs (ceux qu'on appelle les TP (travaux public)) s'imagine que parce qu'ils plongent peu profond
rien ne peut leur arriver.
Pourtant, je n'arrête pas de leur montrer des safety mémos concernant les divers accidents arrivant dans le monde à faible profondeur, mais rien n'y fait.
Il y a quelques mois, nous avions une inspection de filet de protection à faire dans un barrage et comme l'eau à cet endroit et super claire et poissonneuse, j'avais décidé de me faire plaisir et
de prendre la place d'un plongeur et de laisser le chef d'équipe organiser la plongée.
Comme j'avais vu dans sa préparation de chantier qu'il y avait pas mal de manquement, j'avais décidé de tester sa réaction face à un incident.
A la fin de ma plongée, j'ai intentionnellement coincé mon manomètre de contrôle de pression dans le filet et signalé le fait au chef d'équipe.
J'ai ensuite laissé passer une à deux minutes, puis lui ai dis que je ne parvenais pas à me dégager et demandais l'assistance du plongeur secours.
Evidemment comme rien n'étais près en surface, j'ai du attendre près de 15 minutes pour qu’il viennent me dégager.
En sortant de l'eau, je lui ai signalé qu'il avait fait une mauvaise analyse des risques et que ce n'était pas parce que j'étais un vieux plongeur expérimenté que rien ne pouvait m'arriver.
Je ne sais pas si l'exemple a servit, car derrière mon dos on chuchote que Papy ne sait plus plonger.
Donc je RALES  
A vendredi



Vito 01/03/2009 10:57

OUI, je pense qu'avec l'âge on peut devenir AIGRI...
Mais, faut pas que cela devienne une Fixation, il faut savoir Relativisé…
Voilà encore article, qui évoque de bon souvenir, sur les exercices de sécurité en plongée offshore.
J‘approuve totalement ta conclusion sur la sécurité dans les TP, en Belgique comme en France.
A bientôt pour ton nouvel article.