Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
  • Contact

6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 20:59

Photo : Mon collègue Martin
 Durant ma période offshore, j’avais pris l’habitude pendant mes récupérations de travailler pendant quelques jours en Belgique pour mon ancien collègue Rik qui s’était mis à son compte et avait maintenant sa propre boite de plonge.

Cela me permettait de « garder la main » et ne pas perdre mon expérience en plongée TP qui contrairement à la plongée offshore se fait 9 fois sur 10 dans le noir complet.

Un jour de novembre 88, Rik m’appela pour aller remplacer un bloc de frein de porte dans l’écluse Van Damme à Zeebrugge.

Pour bien comprendre la nature du travail qui m’attendait, il faut savoir que ce type de porte coulissante s’ouvre et se ferme en se déplaçant sur des rails posés dans le fond de l’écluse.

Ensuite, une fois en place, 2 énormes pinces disposées aux extrémités de la porte viennent se clamper sur une poutre en béton par l’intermédiaire de vérins hydrauliques et évite ainsi que la porte s’ouvre accidentellement.

Comme toute pièce mobile, les blocs de freinage des pinces s’usaient et il fallait les remplacer à intervalle régulier.



Ce remplacement se faisait entièrement sous eau selon une méthodologie bien précise.

Bref, un boulot très technique où la difficulté majeure était l’accès à l’emplacement de travail.
En effet, il fallait passer sous la porte de l’écluse, puis une fois à l’intérieur de celui-ci il fallait installer divers palans de levage et de traction de manière à pouvoir amener le dispositif de freinage au droit de sa position.
Une fois sur place, le patin devait encore être levé d’un mètre puis être positionné au millimètre près devant le support de la pince de manière à pouvoir y introduire une série de vis de fixation.

Cette dernière phase de travail était de loin la plus difficile car à cet endroit, l’espace entre la poutre et le bloc de freinage ne dépassait pas 45 cm.

Au cours de ma plongée, j’étais maintenant arrivé à cette dernière manipulation et avais déjà installé deux ou trois boulons.

Tranquillement en prenant bien soin de ne pas m’accrocher, je reculai lentement pour m’extirper de la zone et aller chercher un nouveau boulon dans le panier à outils.

J’étais à peine sorti de dessous la porte lorsque j’entendis un léger sifflement se terminant par un « clac ».

Tiens bizarre ce bruit me dis-je mais sans y attacher plus d’importance.

Puis je saisi mon nouveau boulon et me glissai à nouveau sous la porte pour accéder au patin.

En arrivant dessus, mon sang se glaça et je fus pris d’un tremblement soudain.

Il y avait de quoi. Le petit espace dans lequel j’avais travaillé une minute plus tôt, était maintenant entièrement clos.

Immédiatement et tout en m’extirpant de la porte, je me mis à gueuler au téléphone en traitant la surface de tous les noms d’oiseaux imaginables, puis sans demander mon reste, je saisi la main courante et remontai en surface.

Là, fou de rage et sans même attendre l’aide de mon assistant, je me déséquipai et jetai ma cagoule par terre.

En surface, ils n’avaient toujours pas bien compris ce qui s’était passé tellement je m’énervais.

Puis finalement après m’être un peu calmé, je pus leur raconter l’impossible.

En effet, bien qu’étant consigné, les vérins hydrauliques actionnant les pinces étaux s’étaient mis en marche avec pour résultat le serrage contre la poutre du patin sur lequel je travaillais.

Ayant finalement compris la situation, Rik fonça au poste de contrôle de l’éclusier afin de savoir qui et pourquoi on avait enlevé la consignation.

Bien entendu, l’histoire fit un foin terrible et cinq minutes plus tard, tous les responsables de l’écluse se trouvaient près de moi, pour encore une fois entendre ma version.

Du côté du service technique, chacun jura ses grands dieux qu’il n’avait touché à rien et selon eux, la seule explication qu’ils pouvaient fournir était qu’il restait sans doute une pression résiduelle dans le circuit pour fermer les vérins.

Moi cette explication ne me satisfaisait pas car je n’y croyais pas.

Je me trouvais maintenant dans une situation très stressante car j’avais vraiment été choqué par l’incident au point que je voulais tout larguer et quitter le chantier.

Mais d’un autre coté, je savais qu’en agissant ainsi j’aurais peut être eut des difficultés à me remettre à l’eau dans quelques jours.

Je pris donc mon courage à deux mains et me fis rééquiper pour aller terminer le travail que j’avais commencé.

En arrivant sur le patin, je m’efforçai de ne pas penser au tas de bouillie sanguinolente que j’aurais pu devenir si j’étais resté quelques secondes de plus à cette place.

Une demi-heure plus tard je remontai mission terminée.

Ma plongée, m’avait calmé, mais au cours des semaines qui suivirent, un même cauchemar hantât mes nuits.

Puis finalement il fut remplacé par d’autres rêves provenant de situation plus agréable.

 

Conclusions :

Une consignation verbale ou un simple panneau indiquant « plongeur à l’eau » ne suffit pas.

Une consignation adéquate c’est : Enlever les fusibles, mettre un cadenas ou tout autre dispositif permettant de s’assurer à 100 % que la pièce concerné ne pourra pas être remise en service inopinément.


Papy One

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

seront 14/03/2015 14:20

la sécurité....électrique-fusibles-et aussi physique-cadenas-permet de la sorte de remplir son role de consignation.
L'explication ...pression résiduelle....dans un circuit hydraulique...sans manipulation de commande compte tenu des clapets ant-retour...je ne comprends pas!
Mon pauvre ami....ton ange gardien il t'a aidé encore une fois....

Vito 23/02/2009 21:11

C'est curieux comme les gens aiment la dénonciation/délation..
J'ai toujours eu horreur de plonger dans les canaux...étant un ancien Ch'timi de Roubaix/Tourcoing...

Sandy458 19/02/2009 22:03

ça fait peur!!!
Un accident du travail dans un tel milieu tourne vite à la tragédie!
bravo pour le courage et le professionnalisme dont tu as fait preuve : redescendre travailler dans ces conditions et avec la peur vécue... chapeau!

Sandy