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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 15:23
Photo : DSV TARASCO

En février 82, cela faisait maintenant plusieurs mois que je travaillais dans le golfe du Mexique et toutes les cinq semaines le support de plongée TARASCO redevenait ma seconde maison.

Les missions de plongée étaient assez variées mais la plupart d’entre elles consistaient à accomplir des raccordements de pipeline par soudage hyperbare.

Ce jour là, je me réveillai paisiblement vers les 8h du matin après une longue et bonne nuit de sommeil.
Le caisson dans lequel je dormais était toujours plongé dans la pénombre car mes deux compagnons de saturation dormaient encore.

La remontée de la tourelle était prévue vers midi et dès lors j’appréciais vraiment de pouvoir paresser un peu dans ma couchette tout en écoutant une cassette de ce sacré Julio Iglesias qui rendait les femmes (y compris la mienne) folles avec ses foutues chansons.

Après une demi-heure de flemmardise supplémentaire, j’allumai la petite lumière de ma bannette et me décidai maintenant à étudier mes 2 leçons quotidiennes d’espagnols.

De temps en temps je jetai un coup d’œil par le hublot du caisson mais comme celui-ci se trouvait sous le pont principal il n’y avait pas grand-chose à voir à l’exception d’un caisson master qui était entrain de changer la chaux sodée du système de régénération des gaz.

Au travers de la paroi du caisson je pouvais entendre que les collègues sur le fond étaient occupés à découper la couche de béton d’un tuyau de 36 ’’ à l’aide d’un jet d’eau à 1500 bars de pression, de manière à ce que notre équipe puisse ensuite durant l’après-midi placer la chambre de soudure par-dessus les deux tronçons de pipeline.


C’est à ce moment là que tout d’un coup j’entendis un léger bruit de choc qui fut immédiatement suivit d’une légère secousse.

Probablement un supply boat qui nous avait abordé un peu trop violemment pensai-je tout en continuant à regarder par le hublot.

C’était assez étrange, mais peu après, à l’extérieur du caisson il y avait de plus en plus d’aller et venue et les gens paraissaient relativement nerveux.

Puis d’un seul coup tout se déclencha en presque même temps : Le signal d’alarme, les lumières qui s’allumèrent dans les 3 caissons et la tourelle de plongée qui remontait full speed.

Mes 2 collègues se réveillèrent en râlant et me demandèrent ce qui se passait.

Je leur racontai le petit choc mais leur dis que je ne comprenais pas à quoi tenait toute cette effervescence.
Bien sur, nous tentions d’avoir des nouvelles via les caissons - masters mais apparemment ceux-ci étaient trop afférés à la remontée de la tourelle.

A l’extérieur, les évènements semblaient avoir pris une tournure assez dramatique car tous ceux qui passaient devant le caisson portaient maintenant un gilet de sauvetage et tous les visages paraissaient stressés.

Entre-temps, la tourelle était arrivée hors de l’eau et l’équipe de surface réalisa probablement un record de clampage car très rapidement les 3 plongeurs passèrent dans le sas humide.

Evidemment, nous nous sommes tous précipité vers le sas afin de savoir ce qui c’était passé, mais avant que les plongeurs n’aient eut le temps de répondre à nos questions, ce fut maintenant le caisson master qui vint à la radio. Sans aucun commentaire, il nous ordonna de prendre toutes nos couvertures, les bouteilles d’eau ainsi que nos masques à CO² et de tous passer immédiatement dans le caisson n° 3.

A nouveau nous tentâmes de poser quelques questions, mais la seule réponse que nous reçûmes fut de nous manier le cul et de fermer rapidement la porte autoclave du caisson de manière à pouvoir être pressurisé à la pression du fond + 1m.

A nouveau, TARASCO fut secoué par un long tremblement de plusieurs secondes et même à l’intérieur de la chambre nous pouvions ressentir des grincements de tôles froissées.

A l’extérieur, nous pouvions maintenant entendre que l’équipe de surface déconnectait la tourelle du sas humide.

Putain de bordel nous sommes certainement dans une belle merde pensais-je. Si on largue la tourelle et si on nous comprime plus bas que le fond, cela veut dire que nous allons couler.

Aucun de nous ne paniqua, mais tous nous nous préparions à passer quelques heures d’angoisse dans le fond de la mer.

Heureusement, le fond n’était qu’à 38 mètres et nous savions que plusieurs autres DSV travaillaient sur-le-champ et donc nous étions convaincus que nous pourrions être rapidement secouru.

A nouveau le bateau fût fortement ébranlé pendant quelques secondes et puis vint un étrange silence.
Quelques instants plus tard, nous pûmes voir qu’à l’extérieur plus personnes ne couraient et les gars semblaient plus calmes.

Peu après également, la voix de Serge le conducteur de travaux nous parvint à la radio.

Celui-ci nous rassura immédiatement en disant que tout était maintenant rentré dans l’ordre, mais que nous avions échappé de peu à une catastrophe.

En fait, que c’était-il passé ? L’ensemble du système de positionnement dynamique du bateau avait eu une panne générale ce qui a eu pour effet de mettre le bateau à la merci du courant.

Dans un premier temps, il a dérivé vers la plate-forme à proximité de laquelle nous travaillions et là il a percuté le boat landing (premier petit choc).



Puis à cause du courant, nous avons dérivé lentement vers une passerelle qui reliait deux plates-formes et sur laquelle était posé un pipeline de gaz sous pression qui alimentait une très grosse torchère.

L’arrière du bateau passa sans problème sous le pipeline, mais pour la passerelle de TARASCO se fut trop juste.

Seul une petite partie passa dessous, ensuite à cause de la légère houle, le bateau a commencé à taper dans le pipe.

Ce jour là, ne devait pas être notre dernier car plutôt que de percer le tuyau de gaz sous pression, ce fut la passerelle du bateau qui fut aplatie au fur et à mesure de la dérive.

Finalement, au bout de quelques très longues minutes de coup de butoir, la timonerie fut suffisamment aplatie et TARASCO se mis à dériver vers des eaux plus sures.

Plus tard dans la journée, nous apprîmes que la panne générale était due à l’extrême chaleur qui régnait à l’extérieur et qui était généré par l’immense torchère.

Pour éviter que cela ne se reproduise, le responsable des travaux refusa de reprendre le travail tant que la torchère n’était pas éteinte.

Evidemment, son extinction  ne pouvait pas se faire du jour au lendemain et grâce à cela nous avons eu droit à deux jours de stand by durant lesquels nous en avons profité pour récupérer de nos longues plongées qui pouvaient parfois durer plus de 12 heures.

Chaque plongeur vaquait à ses occupations favorites : Certains dormaient toute la journée, d’autre lisaient, d’autres encore comme moi-même emmerdaient les collègues par un petit jogging quotidien d’une heure pratiqué entre les bannettes.

Comme prévu, deux jours plus tard la torchère s’éteignit et la barge s’installa à nouveau en position de travail et ce fut alors à nous à poser la chambre de soudure.

Durant le soudage du pipe, la torchère fût à nouveau allumé, mais cette fois, nous avions reçu l’assistance d’un autre bateau qui avait pour mission d’arrosé notre bonne TARASCO à l’aide de ces puissants canons à eau.

Le pire dans cette histoire qui aurait put être dramatique est du au fait qu’au moment de la panne générale un autre bateau travaillait à proximité immédiate, mais dès qu’ils ont vu que nous dérivions vers le pipeline, les courageux marins ont préféré filer dans la direction opposée pour se mettre à l’abri d’une probable explosion.

 

Peut-on les blâmer ?

 

Papy One

 

Photo HP jet de C-diver

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commentaires

nicolas 05/06/2011 17:49


combienganais tu