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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 21:59

 

 Photo : Mon collègue Robert et moi

En janvier 81 je fus à nouveau envoyé en Afrique, mais cette fois dans un pays beaucoup plus accueillant puisqu’il s’agissait du Gabon.

Le voyage jusqu’à Port Gentil se déroula sans le moindre problème et à l’arrivée, je pus immédiatement constater la différence d’ambiance d’avec le Nigeria où j’avais fait un séjours peu de temps auparavant.

A notre arrivée, nous fûmes immédiatement conduit à bord de la barge ANGUILLE qui pour l’instant se trouvait amarrée dans le port.

Une aubaine pour moi, car cela me permit grâce aux collèges de découvrir les endroits agréables de la ville.

Le lendemain matin, debout à l’aube car nous avions à nous rendre à la base ELF pour une réunion de travail avec briefing complet sur les travaux que nous aurions à faire.

La mission consistait cette fois à installer sur des têtes de puits immergées tout un dispositif qui devait ensuite permettre à un robot d’effectuer toutes sortes de manœuvres grâce à son bras manipulateur.

Les deux jours suivants furent dévolus à mobiliser le matériel de plongée, puis finalement, la barge quitta le port le 12 janvier et prit la mer en direction du champ de GRONDIN où nous arrivâmes vers 20 h.

Après une bonne nuit de repos, j’étais fin prêt pour rentrer en caisse avec Robert, Philippe et Eric.

Moi, cela faisait maintenant 5 ans que je n’avais plus saturé et toutes mes saturations antérieures avaient été réalisées en mer du Nord dans des caissons relativement spacieux ayant un diamètre de minimum 2300 mm.

Ici, les 2 caissons étaient des 1800 donc nettement plus petits que ceux que j’avais connus. Mais qu’à cela ne tienne, j’étais tout de même heureux de faire partie des saturés car cela allait me permettre de me renflouer quelques peu suite aux déboires que j’avais eut quelques mois plus tôt avec mes « amis » du fisc.

Ma première plongée fut un émerveillement total.


La profondeur n’était que de 58 m ce qui faisait que la visibilité était fantastique.

Lorsque je levai les yeux vers la surface, je pouvais distinctement voir les pièces que l’on m’envoyait dès qu’elles entraient dans l’eau.

Sur le fond également c’était super, un véritable aquarium de poissons tropicaux.

Super d’accord, mais à bien y regarder, je trouvais qu’il y avait tout de même pas mal d’énormes murènes tachetées dont deux juste à l’endroit où je devais travailler et le signalai à la surface.


Moi : Surface !

Surf : Oui Francis

Moi : Dis moi, j’ai deux énormes murènes juste à l’endroit où je dois prendre des cotes avec le gabarit, comment je fais.

Le chef d’équipe qui était un habitué du coin me rassura.

Surf : Pas de problème, tu y vas calmement et tu ne fais aucun geste brusque et cela devrait bien se passer.

J’aimais ces derniers mots, « devrait bien se passer ». Enfin je pris mon courage à deux mains et m’approchai lentement de ma zone de travail.

Effectivement, les murènes me regardèrent arriver en dodelinant calmement de la tête mais ne se montraient nullement agressives.

Et c’est ainsi que je commençai ma première plongée sur le site accompagné de ces deux énormes bestioles de deux mètres de longueur et qui se tenaient à un demi mètre de moi.

Outre les murènes nous devions également prendre garde où nous posions les pieds ou les mains car les poissons pierres étaient également nombreux et il était souvent difficile de les distinguer, cacher dans les anfractuosités des têtes de puit.


La première saturation dura 11 jours durant lesquels nous partions plonger  entre le lever et le coucher de soleil, mais assez rapidement, les premiers problèmes apparurent.

Les deux caissons étaient situés sur le pont de la barge et de ce fait ils étaient exposés aux rayonnements solaires, donc pas besoin d’un long discours pour dire qu’à l’intérieur de ceux-ci il faisait très chaud.

Le taux d’humidité dans les caissons était également élevé. Ceci était en grande partie dû au fait que les tenues de plongée restaient dans le sas ce qui évitait de gaspiller inutilement l’hélium qui est un gaz assez cher.

Pour finir et je ne sais pour quelle raison, nous plongions ici  avec des masques faciaux en lieu et place des habituels casques de plongée, résultat, après quelques jours nous avions tous les quatre chopés une belle otite externe causée par un bacille gram négatif.

Les gouttes qu’on nous avait refilées ne nous soulageaient pratiquement pas et la douleur nous tiraillait tellement que nous avions du mal à articuler.

Malgré tout, la première partie de la mission fut menée à bien et nous pouvions maintenant être décomprimés.

Le samedi 24 janvier ouverture de la porte du caisson à 11 heures.

Ah ! Cela fait du bien de respirer de l’air frais.

Très vite nous allons nous doucher car midi approche et nous avons une petite fringale.

Entre temps, l’équipe de surface était entrain de préparer une plongée narghilé car il fallait encore aller changer un flexible sur l’un des puits.

Ca y est, nous voilà installés à table et prêts à démarrer le repas lorsque subitement, le chef de chantier Alain rentra dans le mess et hurla « vite les gars nous avons un accident de plongée »

Ni une ni deux, nous quittâmes le mess pour immédiatement voir que les collègues de l’équipe de surface étaient tous groupés autour du moon pool.

En s’approchant, nous pouvions voir que Régis flottait inanimé en surface sans son masque facial avec à ses coté le plongeur secours qui s’afférait à fixer une corde de récupération au harnais de l’infortuné plongeur.

Très rapidement il fut tiré hors de l’eau et immédiatement conduit vers le caisson que nous avions quitté peu de temps auparavant et fut comprimé à 30 mètres avec comme accompagnateur René le représentant client ancien plongeur et notre Eric qui s’était fait piégé sans le vouloir dans le caisson en transportant la civière du blessé.

A l’intérieur de la chambre, nos deux accompagnateurs pratiquaient les gestes de réanimation adéquats, mais Régis ne réagissait pas. Toujours inconscient, il se vida entièrement sur le plancher métallique sur lequel il était allongé.

Pendant ce temps en surface, le chef de barge avait établi le contact avec la femme médecin de l’entreprise qui était basée à Port Gentil.

Son transfert hélico fut très rapidement organisé et moins d’une heure après l’accident elle arriva sur la barge accompagnée d’un assistant.

Immédiatement mise sous pression, elle fit les premières constatations qui apparemment étaient très alarmantes.

Puis sans grand espoir (selon ses dires) commença à poser les actes techniques.

Contre toute attente, Régis revint à la vie sous les hourrahs de l’équipe collé aux hublots du caisson.

Après toutes ses émotions, il était maintenant temps de savoir ce qui s’était passé sous eau.

Pour une raison inconnue, Régis était semble-t-il tombé sans gaz en arrivant sur le fond, et a aussitôt signalé qu’il remontait en catastrophe en surface.

Au cours de cette remontée en apnée, le chef de poste constatât tout d’un coup que la radio émettait maintenant un bruit de bouillonnement d’eau et décidât immédiatement d’envoyer le plongeur secours.

En arrivant sur Régis, il s’aperçu que celui-ci était inanimé et ne portait plus son masque facial et aida le tender à ramener le plongeur vers la surface.

Pour nous, le mystère restera entier, car d’une part en surface, tout semblait avoir fonctionné normalement alors qu’au contraire, le plongeur en question nous dira qu’il était bel et bien tombé sans gaz.

Heureusement, tout se termina relativement bien pour notre collègue.

Son traitement thérapeutique dura plusieurs heures, mais finalement à sa sortie du caisson il était conscient et pût ainsi être transféré à terre en vue d’un renvoi rapide sur la France.

Ne souffrant d’aucune séquelle, il reprit assez rapidement le boulot et put au cours des années suivantes participer à quelques expériences de plongée profonde où il était connu sous le surnom de « fusible ».

Au cours des jours qui suivirent une dizaine de courtes plongées unitaires furent réalisées en tourelle et le 11 février me voilà reparti pour une courte saturation de 6 jours avec 3 nouveaux plongeurs.

Cette fois, nous avions reçu des gouttes auriculaires préventives qui limitèrent quelque peu les problèmes de maux d’oreille.

Nos plongées étaient toujours aussi intéressantes et plusieurs fois par jours nous recevions la visite d’un petit sous-marin de poche dans lequel avait tour à tour pris place des journalistes techniques car sans le savoir, nous étions entrain de réaliser une première mondiale.


Première mondiale sans doute, mais pas en ce qui concernait l’ensemble de saturation qui lui était loin d’être au top.

En effet, lors de notre décompression, un des systèmes de régénération tomba en panne et nous dûmes être décomprimé à quatre dans un seul petit caisson qui soit dit en passant ne comportait que deux lits.

Malgré cela, l’ambiance resta excellente jusqu’au bout du chantier qui se clôturât quatre jours plus tard par un agréable repas de fin de chantier.

 

Papy One

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commentaires

Vito 23/02/2009 21:28

Mais c'est mon ancien ami aussi, Robert Gia....
As tu de ses nouvelles..???
Il était en Saturation avec nous sur SANDOKAN...plus en Afrique...!!!
Sacré Robert, si tu le vois donne lui mon adresse & mes AMITIES.
Vito
PS: Cet article est SUPER..!!!!!!!!!!!!!