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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 21:14
Photo : Découpage de plaplanches

Durant la seconde partie des années septante, il fut décidé de construire un nouveau périphérique autour de la ville de Paris.

A cette occasion plusieurs nouveaux ponts devaient être bâtis afin de permettre le franchissement de la Seine.

L’un des premiers travaux réalisés lors de la construction d’une pile de pont, consiste à battre un rideau de palplanches autour de la zone de construction, ce qui permet alors aux ouvriers de travailler à sec.

A la fin des travaux, ce même rideau est alors retiré à l’aide d’un vibro-fonceur ou plus couramment à l’époque par découpage des palplanches au ras du fond.

Au cours de l’été 78, la construction de quatre nouvelles piles venait à terme et les batardeaux devaient être découpés.

Au total, 700 m linéaire devait être découpé, mais pour éviter les problèmes de navigation le contrat stipulait que l’ensemble des palplanches devait être enlevé durant une période de maximum 10 jours.

Comme prévu, ce fut une grosse compagnie de plongée française qui avait décroché le contrat et avait planifié de réaliser le découpage à l’oxy arc avec 6 plongeurs.

Cependant, au bout du second jour, le responsable technique de l’entreprise concernée commença à s’arracher les cheveux car en 2 jours de travail, ses plongeurs n’avaient réussi à découper et retirer qu’une vingtaine de palplanches et s’ils continuaient à cette allure, la société risquait de payer un grosse amende de retard.

Donc, ce même soir un gars passât un coup de téléphone auprès du directeur d’une firme de plongée bruxelloise afin de savoir si par hasard il ne connaissait pas quelques bons découpeurs susceptibles de les aider.

Personnellement, je ne sais pas ce qui fut dit entre les deux directeurs, mais à la fin de la discussion il était clair que la compagnie belge avait repris à son compte la partie découpage, tandis que les français devait prendre en charge la récupération des palplanches à l’aide de leur ponton équipé d’une grue.

Et c’est ainsi que le lendemain, je me suis retrouvé à Paris avec mon assistant et mon matériel de découpage pour réaliser en 5 jours, le découpage de deux batardeaux, soit un total à couper de 350 m. (les deux autres batardeaux avaient été donné à couper à un vieux scaphandrier lourd hollandais).

Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours adoré les travaux de découpage et à cette époque, j’étais vraiment spécialisé (excusé le manque de modestie) dans le maniement du chalumeau sous marin PICARD qui était un chalumeau de construction française, fabriqué durant les années trente et qui à l’exception du chalumeau à essence MESSER GRIESHEIM fut un des plus performant jamais réalisé.

Pour relever le défit, j’avais put convenir un prix au mètre coupé en lieu et place de mon tarif journalier.
Les conditions de travail étaient vraiment bonnes, eau chaude et peu profonde et au moins 15 cm de visibilité ce qui était largement suffisant pour voir la flamme du chalumeau.

Durant les quatre premiers jours, je passais en moyenne 5 à 6 heures dans l’eau afin de pouvoir découper mes septante mètres requis.

Seul un petit pont de 1 à 2 cm était laissé toutes les 8 à 10 palplanches pour empêcher que le rideau ne se renverse car évidemment le découpage allait plus vite que la récupération des palplanches.
Lors du dernier jour, j’avais remarqué que les creux de deux palplanches du coin, contenaient encore un bloc de béton d’une cinquantaine de kilos qui avait servit à l’étançonnement du rideau et je demandai à mon tender de le faire tomber à l’aide d’une barre à mine et d’une masse pendant que moi je démarrais ma découpe à un autre endroit.

Pendant que je découpais, je pouvais entendre durant quelques minutes, les coups de masse que le collègue assénait sur le béton.

Puis lorsque les coups cessèrent, je lui demandai si tout était OK.

Je m’attendais bien entendu à recevoir un « affirmatif », mais à la place je reçu un « négatif » mais immédiatement il ajoutât que je n’avais rien à craindre car le béton tenait vraiment bien en place et ne risquait pas de tomber.

Je lui répondis d’accord et continuai ma coupe vers le coin du rideau.

Pour passer le temps, j’imaginais déjà le bon repas de fin de chantier et la petite virée que nous allions faire le soir au Palace qui à l’époque était la boite branchée de Paris.

Entre-temps, j’étais arrivé dans le coin du rideau, et je prenais un soin particulier à insister un peu plus dans les nœuds spéciaux lorsque soudainement, AIE !!! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, le foutu bloc de béton s'était détaché et m’était tombé sur le pied droit.

Immédiatement mon tender sauta sur le téléphone et me demanda si tout allait bien.
ça va lui dis-je, mais putain pourquoi est-ce que tu ne m’as pas avertis que le bloc allait tomber ?

Que s’était – il passé ?

En fait, le puissant débit continu des gaz brûlés par le chalumeau a tendance à faire vibrer le métal et ceci d’autant plus si des matériaux sont présents à l’arrière de la coupe comme ce fut le cas ici, et se sont ces vibrations qui à la longue ont décollé le bloc de béton.

Ok, mon pied me faisait mal mais pas au point de me faire arrêter la plongée.

Le restant du rideau fut découpé sans problème particulier et à la fin de la journée, je passai un coup de fil à mon employeur pour lui signaler que le travail était terminé.

Cette nuit là, nous sommes allé au Palace, mais au lieu de pouvoir faire mon petit John Travolta sur la piste de danse, je fus obligé de passer la soirée accoudé au bar.


Conclusion : Ne découpez jamais sous une pièce susceptible de tomber.

Papy One

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