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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 16:25

Photo : Mon premier volume constant

Après avoir quitté le Groupe des Plongeurs Démineurs, je travaillai pendant quelques années pour une entreprise de plongée basée à l’époque à Bruxelles et là, j’appris une partie des rudiments de la plongée TP qui soit dit en passant n’avait en fait pas grand-chose à voir avec la plongée militaire.

Puis en 1972, je fus débauché par une boite de plongée d’Anvers qui après avoir inspecté un de mes chantiers avait jugé que je n’étais pas trop mauvais et que je ferais une bonne recrue.

Mon salaire était plus élevé que là où je travaillais précédemment, mais ceci était en partie justifié car ici on avait l’habitude d’envoyer un plongeur sur chantier avec seulement un assistant non plongeur et de ce fait il était courant de passer 5 à 6 heures dans l’eau plusieurs fois par semaine.

Ainsi, le 23 novembre de cette même année, mon patron nous envoya le tender et moi, faire un travail de dévasement dans des caissons de mur de quai.

Une fois sur place, le matériel installé et testé, je m’équipai et me mis à l’eau.

Tout se passa très bien pendant les 2 premières heures et le travail avançait bien, jusqu’au moment où je constatai que la pression d’air du compresseur de plongée commençait à diminuer.

Comme à l’époque, nous n’utilisions pas encore le téléphone, je saisis mon narghilé et envoyai un signal de 3 coups pour dire que je remontais, mais bizarrement je ne reçus aucun signal en retour.

Heureusement, il n’y avait que 5 mètres d’eau et je n’eus aucune difficulté à remonter sans air.

Une fois en surface, je m’agrippai au flexible d’aspiration de la motopompe, ouvris la glace de ma cagoule et commençai à gueuler après mon assistant.

Comme je ne recevais toujours pas de réponse, je commençais à penser qu’il avait eu un problème, sans quoi il ne m’aurait pas laissé tomber sans air.

Je décidai donc de rejoindre l’échelle de quai pour voir ce qui se passait.

L’échelle se trouvait à environ trente mètres.

En temps normal, cela n’aurait présenté aucune difficulté de nager jusque là, mais dans le cas présent, j’étais sans air et j’étais bien trop lourd pour nager avec la glace de la cagoule ouverte.

Résultat, la seule solution que j’avais fut de larguer ma ceinture de plomb, mais après quelques mètres de nage je fus bloqué car mon narghilé était coincé quelque part en surface et je ne pouvais plus avancer.

A nouveau, la seule solution qui s’offrait à moi fut de couper mon ombilical.

Evidemment, tous les plongeurs savent qu’un couteau de plongée peut servir à n’importe quoi, sauf à couper.

Finalement après avoir pesté pendant quelques instants durant la découpe du narghilé je pus finalement rejoindre l’échelle et sortir de l’eau.

J’étais vraiment anxieux de savoir ce qui était arrivé à mon tender, mais dès que j’eus passé la tête par-dessus le mur de quai, je vis ses pieds au travers de la vitre de la camionnette et je compris.

En fait, le salaud était tout bonnement entrain de dormir et à cause du bruit de la motopompe et du compresseur alimentant l’air lift, il n’avait pas entendu que le petit compresseur de plongée s’était arrêté.

Bien entendu, ma première réaction fut d’aller lui foutre une beigne et de le jeter à l’eau, mais j’eus très vite une autre idée.

Je décidai de me cacher et d’attendre qu’il se réveille.

Le pauvre devait être épuisé, car je dus encore attendre près d’une heure avant qu’il ne bouge.

Tout d’abord, je le vis s’étirer et jeter un regard endormi à droite et à gauche.

Puis la portière s’ouvrit et il apparu.

Bien sur, il vit immédiatement que le compresseur ne tournait plus, mais plutôt que d’aller immédiatement vers le narghilé, il tentât d’abord par deux fois de le redémarrer mais sans succès, puis finalement il vint au bord du quai et reprit le mou du narghilé.

J’étais trop loin pour voir sa réaction, mais j’imagine qu’il devait être surpris de constater qu’il n’y avait plus personne au bout.

Il tenait le bout du tuyau bêtement en ne sachant que faire, quant à moi, j’en avais vu assez, et je me décidai à revenir.

Lorsqu’il me vit, je pus voir un grand soulagement sur sa figure, il essaya même de plaisanter, mais moi je n’étais pas d’humeur.

Après l’avoir traité de tous les noms, je lui dis de vérifier le compresseur pour voir s’il pouvait le réparer pendant que moi j’arrangerais le narghilé et me confectionnerais une nouvelle ceinture de lest à l’aide de quelques bouts de ferraille.

Malheureusement le compresseur ne voulait pas redémarrer.

Je savais que pour ce travail mon patron n’avait prévu qu’une seule journée de travail.

J’étais dès lors super embêté car si je devais retourner à Anvers pour reprendre un autre compresseur, la journée aurait été perdue.

Sur le même chantier, j’avais remarqué que des ouvriers étaient occupés à faire des travaux de découpage au chalumeau, dès lors, une idée me vint.

Comme j’avais pas mal plongé à l’oxygène pur pendant mon séjour au GPD, je me dis que comme il n’y avait que quelques mètres d’eau, cela pouvait être la solution et c’est ainsi que j’allai emprunter une bouteille d’O² chez les ouvriers et pus ainsi terminer le chantier dans les temps prévus.

Lorsque je revins à l’atelier, mon patron me félicita pour mon initiative et mon salaire fut augmenté de quelques francs.

Je ne sais pas pour quelle raison, mais au cours des jours suivants j’eus quelques problèmes d’irritation pulmonaire.

L’assistant lui fut viré peu de temps après pour manque de professionnalisme.

 

Conclusion :

 

-         NE FAITES JAMAIS LA MÊME CONNERIE

-         L’oxygène industriel n’est pas filtré.

-         Les narghilés utilisés avec un compresseur de plongée peuvent être contaminés par de l’huile et donc être sujet à une inflammation accidentelle.

-         L’oxygène peut être utilisé lorsqu’il est respiré calmement pour écourter les paliers, mais surtout pas en condition d’effort.

 

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