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  • : Histoires d'un scaphandrier or the Stories of a Commercial Diver
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  • : Plongeur-Scaphandrier durant de très très nombreuses années, j'en ai vécu des choses sous eau et ailleurs. POUR VOIR TOUT LES ARTICLES PUBLIES ALLEZ AU BAS DE LA PAGE ET CLIQUER SUR TOP ARTICLES. TO SEE ALL THE STORIES GO AT THE BOTTOM OF THE PAGE AND CLIC ON TOP ARTICLES
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 15:20

En 2005, un fournisseur d’électricité bien connu, prit contact avec nous pour préparer un travail d’investigation dans une de ses piscines de désactivation qui en fonction des résultats rencontrés pourrait éventuellement se terminer par le soudage sous eau de petite(s) rustine(s).

Comme on peut l’imaginer, le soudage sous eau est bien plus complexe que le soudage en surface et qui plus est lorsqu’il s’agit de souder des aciers spéciaux de faible épaisseur comme ceux existant dans la plupart des piscines de centrale nucléaire.

Donc outre la préparation de la procédure d’inspection, le client nous demanda également de préparer une procédure de soudage en vue de cette opération.

Nous avions du pain sur la planche.

Pour m’accompagner dans cette opération, j’avais sélectionné 3 de nos plongeurs/soudeurs et préparer pour eux un programme d’entraînement de soudage sur ce type d’acier particulier, pour que le jour venu, ils puissent passer leur qualification sans problème.

Moi, j’avais déjà une bonne expérience de travaux dans ce genre d’installation, mais pour mes collègues, c’était la première fois qu’ils allaient intervenir en zone et donc parallèlement au soudage, ils reçurent également une formation concernant la sûreté nucléaire et les risques radiologiques.

Comme n’importe quel néophyte en la matière l’aurait fait, ils se posaient pas mal de questions car et c’est bien connu, lorsqu’on ne le connaît pas, le nucléaire fait peur et de nombreuses questions fusèrent concernant leur sécurité.

Parmi celles-ci, il y avait notamment la question de savoir comment on allait contrôler le niveau des radiations auxquels ils pouvaient être confrontés.

Très professionnellement je leurs expliquai que premièrement avant de plonger une cartographie du fond serait réalisée et que celle-ci allait permettre de connaître les endroits qui pourrait « cracher » et où il ne fallait pas passer.

Deuxièmement, j’indiquai que le plongeur serait équipé d’une sonde qui allait mesurer en temps réel la radiation éventuelle auquel il risquait d’être exposée et de pouvoir ainsi agir en conséquence.

Troisièmement, je leur expliquai également qu’ils disposeraient sous la combinaison étanche de plusieurs capteurs électroniques ainsi que des films dosimétriques qui mesureraient eux la dose d’irradiation absorbée pendant la plongée.

Mais pendant que je leur expliquais tout cela, quelque chose fit « TILT » dans mon petit cerveau.

Peut-être est-ce dû à l’accumulation de mes nombreuses heures de plongée, mais, depuis toujours j’ai adoré faire des blagues à mes collègues et je dois dire que j’étais assez doué pour leur faire gober quasi n’importe quoi.

Donc ici, tout en continuant à développer le sujet, je leur expliquai que ces capteurs et films dosimétriques étaient positionnés aux extrémités des quatre membres et que les derniers appareillages étaient posés au niveau du sexe.

 

En réalité, ces instruments de contrôle sont simplement maintenus en place par des bandes adhésives mais ici je ne pus m’empêcher de modifier quelques peu la vérité et le plus sérieusement du monde leur dis :

D’ailleurs à ce propos les gars les responsables du service RP (radio protection) de la centrale nucléaire m’ont demandé de leur communiquer les mensurations de votre sexe afin qu’il puisse préparer les bagues dosimétriques adéquates.

Immédiatement comme on pouvait s’y attendre mes plongeurs se mirent à rire.

Non non les gars, je ne blague pas il en est toujours ainsi.

N’oubliez pas que c’est un endroit extrêmement sensible qui demande des mesures les plus précises possibles, et cela ne peut se faire qu’avec un instrument bien ajusté.

Donc tout à l’heure, une fois qu’on aura fini notre petite réunion, je vous demanderai de bien vouloir prendre la mesure de la circonférence de votre zizi au repos et de la retranscrire sur un papier.

Apparemment, j’avais réussi à les convaincre puisque entre l’heure du midi, trois petits bouts de papier délicatement plié arrivèrent sur mon bureau.

Ok, merci les gars, je vais envoyer l’info à notre client et en attendant cet après–midi vous continuez à vous entraîner à vous équiper sans vous contaminer.

L’après-midi se passa normalement, mais c’était trop beau, mon esprit blagueur ne pouvait s’empêcher de penser à la suite des événements.

A la fin de la journée, je rappelai mes collègues et d’un air embarrassé leur dit :

Dites les gars, je viens d’avoir un coup de téléphone du client, et il me demande que vous repreniez vos mesures car il y a quelque chose qui cloche parce qu’il n’existe pas de films dosimétriques aussi étroit.

Petit ricanement des plongeurs.

Tu te fous de nous là ?

Non je vous assure, je ne me permettrais pas de blaguer sur un sujet pareil.

Puis tout d’un coup, un gros éclat de rire parvint du fond du bureau.

C’était la secrétaire à qui j’avais tout raconté de ce que j’étais en entrain de faire, qui pouffa de rire et mis ainsi fin à l’histoire machiavélique que j’avais montée.

Mes trois plongeurs rirent jaunes puis après quelques moqueries supplémentaires les rires s’estompèrent et ils quittèrent le bureau.

Comme on peut l’imaginer, le soir même je pris moi-même en toute discrétion quelques mensurations afin de me rassurer.

Ouf, j’étais dans les normes.

L’entraînement et la préparation du chantier, dura encore quelques temps, puis le jour H arriva.

Ensemble, mon équipe et moi avions rendez-vous chez le client pour mobiliser le chantier.

Une fois sur place, je présentai tour à tour mes plongeurs à Marc, le responsable des travaux de la centrale que je connaissais assez bien et à qui j’avais fait part du canular.

Puis après les banalités d’usage, celui-ci saisit son téléphone, forma un numéro intérieur puis dit à son correspondant les mots suivants :

Bonjour André, dis, j’ai ici les plongeurs avec les petits zizis, est-ce que tu peux m’emmener la commande spéciale.

Immédiatement après il raccrocha et tous les deux nous éclations de rire sous les regards rageurs de mes collègues.

Dans leurs yeux, je vis que les représailles allaient être terribles et j’avais maintenant intérêt à être sur mes gardes.

Le chantier se déroula dans la joie et la bonne humeur et le client fut pleinement satisfait de notre prestation.

Aujourd’hui, quelques quatre années plus tard et malgré les menaces que j’avais eues, rien de désagréable ne m’est arrivé.

Peut-être ont-ils oublié de se venger.

Pourvu alors qu’ils ne lisent pas cet article confidentiel qui je l’espère restera entre nous.

 

Conclusion :

 

Rire fait tellement de bien

 

Papy One

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